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Soiree 2020 Watch Party v.04

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Bonjour à toutes et à tous, je suis Giovanna Borasi, directrice du CCA, et je vous souhaite la bienvenue dans cet espace virtuel que nous allons partager tout en demeurant à distance sécuritaire. que nous allons partager tout en demeurant à distance sécuritaire. Il s'agit d'une première expérimentation pour le CCA; nous avons devant nous environ une heure d'idées, de questions et dans certains cas même, de prévisions risquées sur ce à quoi l'avenir pourrait ressembler. Nous vivons un moment historique où la pandémie et toutes les crises qui y sont liées - de même que ses effets sur les finances, l'écologie et la société dans son ensemble - ont clairement révélé les échecs et les compromis profondément ancrés dans notre système et, dans de nombreux cas, aussi son iniquité. Nous constatons également qu'en cette période de confinement, l'architecture et l'urbanisme ont joué un rôle central afin de nous maintenir en sécurité (mais uniquement pour ceux qui ont un domicile). Mais l'isolement peut aussi être dangereux, et nous devons y réfléchir différemment. Ou encore, récemment, les villes redeviennent la toile de fond où s'expriment des voix non entendues. Nous pensons qu'une réflexion architecturale courageuse et inventive sera encore plus cruciale à l'avenir. Pour établir des structures que d'autres pourront habiter. Pour suggérer de nouveaux modèles de société. Pour comprendre comment nous allons vivre ensemble. L'an dernier, nous avons publié un livre qui explique l'esprit du CCA et invite, de façon critique, à la redéfinition des rôles des musées et qui s’intitule Le musée ne suffit pas. Nous avons donc ironiquement repris la même formulation, pour maintenant remettre en question l'idée d'individualisme qui est de plus en plus répandue dans la société actuelle (du moins, dans la culture occidentale) et qui a même gagné en popularité en cette période de pandémie. Nous prenons ce temps d’arrêt pour observer, questionner, réfléchir et nous interroger sur les prochaines étapes. En cette période riche en réflexion, où chacun essaie de comprendre ce qui se passe et ce que cela signifie, voici un aperçu de la façon dont le CCA réfléchit aux questions contemporaines : en essayant toujours d'être inclusif et en s’intéressant aux questions soulevées par d'autres cultures ou dans d'autres régions géographiques. Avant tout, n'oubliez pas que la discussion se poursuit par le biais du clavardage. Nous attendons avec impatience vos réactions, vos questions et commentaires, votre curiosité et votre confusion sur ce que nous avons préparé pour vous. Vous m’y retrouverez, en compagnie d'autres membres du CCA, afin de répondre à vos questions. Bonne soirée! Ici Kayoko Ota, en direct de Tokyo. Une chose qui est très spécifique au Japon est que le pays est constamment confronté au risque de catastrophes naturelles. Nous approchons maintenant de la saison des pluies, en juin, et nous devons donc nous préparer à des tempêtes, des inondations et des glissements de terrain, en plus des tremblements de terre. Auparavant, en temps normal, un grand nombre de réfugiés regroupaient dans un grand espace et passaient des jours ensemble, mais cela n'est évidemment plus possible. Comment les réfugiés survivent-ils à la condition actuelle est désormais une préoccupation majeure pour nous tous. Nous craignons tous que nos municipalités ne soient pas prêtes pour la prochaine grande catastrophe. Mais un point positif est que, comme d'habitude, l'architecte Shigeru Ban a été très réactif Immédiatement après l'entrée en vigueur du confinement au Japon à la mi-avril, il a conçu un système d'abris individuels pour les sans-abris, qui qui se révèle être un système de cloisons avec une armature en tubeset des rideaux Il a consulté un épidémiologiste pour définir les spécifications et a également conçu un système de coutures étanches pour les rideaux. Aujourd'hui, 90 unités sont déjà installées et utilisées dans un gymnase public de la ville de Yokohama. Je pense que ce genre d'action est nécessaire dans toutes les régions du pays. L'industrie du tourisme a été sévèrement touchée par le confinement des derniers mois. Certains hôteliers ont inventé le tourisme à distance. e pense que ce n'est pas seulement possible au Japon, mais par exemple, vous pouvez visiter un hôtel dans une campagne isolée et l'hôtelier vous guidera vers les harmes et les endroits cachés de a région, le tout en ligne. Avec un tel programme, vous apprenez à connaître et à apprécier ce que vous n'auriez jamais pu découvrir avant. Vous avez probablement déjà vu une de ces scènes incroyables dans laquelle les train japonais débordent d'hommes et de femmes d'affaires. Lorsque Tokyo a été confinée, la folie s'est finalement calmée après peut-être 100 ans de d'achalandage constant. Selon une enquête récente, plus de 60 % des travailleurs de Tokyo ont adopté un mode de travail à distance, ce qui est étonnant. Les trains étaient auparavant bondés en raison de la forte loyauté des employés envers les entreprises ou les organisations auxquelles ils appartiennent. La plupart des organisations ont tentées d'être au centre-ville et de faire en sorte que tout le monde y soit en même temps. Mais cette tradition, le système de valeurs de la société nt soudainement été abandonnés par la force des choses. Je pense que la distanciation sociale va inévitablement faire basculer l'esprit des gens et la valeur que la société entière accorde à la décentralisation ou la localisation. La forte concentration dans le centre urbain, qui a soutenu l'essor économique de Tokyo et du Japon au cours des 75 dernières années, si ce n'est pas plus, prend enfin un tournant. Bonjour. Ici Martin Huberman en direct de Buenos Aires. Le changement le plus fondamental a été politique. Comme dans plusieurs autres pays du monde au cours de cette année, la confrontation et le bipartisme sont devenus une devise pour la scène politique, ce qui a fini par s'infiltrer dans le comportement social. Il y a donc eu beaucoup de confrontation dans les rues. Et l'idée de cet ennemi invisible qu'il faut combattre avant toute chose a permis d'établir un consensus entre les hommes politiques des différents partis. Il s'agit donc de trouver des solutions communes à différents problèmes. Je crois que ces scénarios renforcent l'idée qu'il ne s'agit pas d'un exercice. La conscience sociale commence à respecter les règles, ce qui n'est pas très courant à notre latitude. Cela nous a vraiment amenés à jouer tous ensemble avec le même ensemble de règles et à essayer de s'entendre, ce qui était assez rafraîchissant après, je pense, 15 ans de confrontation politique et sociale. La pandémie a créé à la fois de petites différences ans notre vie quotidienne, comme dans notre vie ordinaire, et ensuite de grands changements au sein de notre vie quotidienne. Le concept de se rendre au travail pour y travailler a complètement disparu. Et cela aura une répercussion sur l'architecture du travail. Par exemple, l'entreprise de ma femme construisait un nouveau bâtiment pour rassembler plusieurs petites entreprises sous un même toit. Maintenant, je sais qu'ils repensent cette idée parce qu'ils ont compris qu'ils n'ont pas besoin que tous leurs employés travaillent au même endroit. Sur une note positive, je pense que ce scénario pourrait servir d'accélérateur pour les choses qui se réalisaient déjà en ville, là où l'ancien modèle de nos immeubles d'appartements avec des équipements développés par le marché ou par l'architecture à travers la lentille des intérêts spéculatifs commence s'essouffler. Tandis que les nouvelles générations trouvent dans l'architecture un allié possible pour produire de stratégies de logement axées sur l'autosuffisance où la maison est liée à l'idée de prendre soin de soi, et où la maison et l'idée de vivre ensemble sont liées de façon similaire à l'idée derrière la conception du bâtiment lui-même. L'idée de partager certains actifs de la maison pourrait faire partie de solutions similaires pour l'avenir. Ici Doreen Adengo. Je vous présente ma nouvelle réalité, depuis Kampala. et que nous avons vécu et qui, pour nous, est unique, est la menace que le virus de l'Ebola traverse la frontière du Congo; nous l'avons craint à trois reprises environ. Et par trois fois, le gouvernement a su réagir rapidement. Cela signifie donc que le citoyen ordinaire n'est pas paniqué par la présente situation. La menace d'une maladie n'est pas nouvelle pour nous. Le gouvernement a réagi très rapidement à ce problème en introduisant une quarantaine dans les aéroports et en fermant les frontières très rapidement, ce qui a conduit au confinement dans lequel nous sommes toujours. Une autre chose qui est unique chez nous, à Kampala, est une idée qui est très difficile à comprendre pour le citoyen ordinaire parce que nous vivons en communauté. Nous pensons collectivement, surtout en temps de crise. Donc l'idée d'être seul n'est pas courante pendant le confinement. Au départ, il s'agissait d'un confinement de 21 jours qui a été prolongé de 14 jours. Puis il a été levé hier, le 26. Et je pense qu'une grande partie de la pression exercée sur le gouvernement pour lever cette mesure était dû au fait que la plupart des gens se nourrissent à partir d'aliments frais. Nous ne pouvions donc pas faire de réserves. Une autre raison pour laquelle il a été ardu d'en faire est que beaucoup de gens vivent au jour le jour. Nous devions donc constamment sortir pour trouver des aliments et autres nécessités. Et donc, le confinement n'a pas eu lieu de manière je suppose de manière disons scientifique. Il y a eu en fait beaucoup d'efforts collectifs pour passer au travers de cette phase. Mon expérience du confinement est teintée par le fait que mon bureau soit situé dans le quartier des affaires. Et j'ai toujours comblé tous mes besoins et eu recours aux services à proximité du bureau. Je vis dans un endroit différent, sur une colline appelée Mutungo. Et comme nous travaillons maintenant tous à la maison, je me suis procuré tout ce dont j'ai besoin à proximité. J'ai donc appris à connaître le marché de produits frais du quartier. J'ai appris à connaître mes voisins. Ou même en faisant ces allers et retours, j'ai rencontré beaucoup plus de gens. De façon générale, je pressens que tout le monde est soulagé de ne pas avoir à faire la navette jusqu'au centre de la ville tous les jours. Je pense que même lorsque le confinement sera levé, beaucoup de gens essaieront de trouver des moyens de rester dans leur quartier. Il y aura donc une décentralisation, et tout le monde ne tentera pas de se rendre au centre-ville en même temps. Sur une note plus sérieuse, ça a été très dur pour les gens qui vivent au jour le jour. Ils gagnent leur vie de manière informelle et soudainement, ils sont privés de revenus. Je pense que c'est d'autant plus difficile et particulièrement éprouvant. Ils ont dit que seuls les marchés officiels pouvaient fonctionner.Et que les femmes qui opéraient informellement devaient cesser. C'était vraiment difficile. Comment faire respecter une telle mesure? Ou vivre sans travailler? Ce sont en quelque sorte les revenus générés par le commerce informel qui paient le prix. Mais encore une fois, parce que la topographie y joue un rôle, chaque colline, en quelque sorte ; plus vous allez haut, plus vous êtes riche, plus vous descendez, plus les quartiers informels sont nombreux. Les deux groupes ne sont pas distinctement séparés. Ce n'est pas comme si un groupe se trouvait ici et l'autre là-bas. Nous sommes tous en interaction les uns avec les autres. Parce qu'il faut aller d'une colline à l'autre et puis parce que les marchés se trouvent généralement au bas de la colline. Donc je pense que géographiquement, et quand vous naviguez, que vous vous déplacez dans la ville, il y a une mélange, et qui, je pense, est en lien avec la source de revenu. Je suis Guido Beltramini. Je fais ce compte rendu depuis Vicence, dans le nord-est de l'Italie. Nous avons été le premier pays européen à être touché par le virus. Mais dans ma région, le nord-est de l'Italie, nous avons réussi à protéger autant que possible notre population de ce combat. L'une des raisons est, je pense, une alliance étroite entre le pouvoir politique et les universités locales. Elles créent ensemble une salle de commandement qui fonctionne très efficacement. Cependant, je pense que l'architecture a été la clé de notre succès succès dans la résistance au virus. Mais pas la véritable architecture, l'architecture de notre système de santé. La Vénétie est une région polycentrique avec principalement des villes de petite et moyenne taille comme Venise, Padoue, Vérone ou Vicenza. Et ici, l'architecture de notre système de santé est basée sur un réseau de petits hôpitaux; chacun d'entre eux étant très spécialisé dans un problème spécifique. Et surtout, le système de santé repose sur un réseau très solide de médecins de famille. Je pense que l'un des effets, peut-être le plus important, de cette pandémie est l'idée de l'importance d'un système national de santé publique. Parce que vous savez que la région de Vénétie a obtenu de très bons résultats grâce à ce réseau de médecins de famille. Notre voisin, la région de Lombardie, avait une architecture du système de santé très différente, basée sur les grands hôpitaux, et ils ont presque...Ils ont failli, ils n'ont pas été ravagés, mais ils n'ont pas un réseau de médecins de famille solide. Et l'effet a été inverse, car les gens se sont rendus dans les hôpitaux de la région, et à l'hôpital, ils ont été infectés par le virus. Tandis qu'ici, vous restez chez vous et les médecins de famille vous donnent des instructions, vous gardent à la maison, aussi longtemps que possible. Cela a complètement changé la situation. Et c'est une fierté, une fierté du système national de santé et du système public, parce qu'en Lombardie, le système est surtout privé et a des liens avec le système public, bien sûr, mais privé. En Vénétie, c'est public, et le système public a mieux fonctionné. C'est précisément pour cette raison qu'il est utile de réfléchir à l'architecture de manière plus collective. Parce qu'on peut alors aménager différents types d'espaces dans un seul, disons, bâtiment, n'est-ce pas? Vous pouvez donc avoir, théoriquement, un bureau dans une autre zone. Mais ce serait vraiment bien, je pense, pour beaucoup de gens, s'ils avaient un bureau, un petit espace de travail qui pourrait aussi être un espace de jeu sur un autre étage. Je veux dire, c'est un exemple très simple, mais il suffit de penser à se débarrasser de cet à priori où la maison est conçue comme un château, de sa nature de forteresse, où c'est comme si tout était dedans ou dehors. Je pense juste au concept de partage, mais oubliez le partage pour un instant, repensez un peu le programme, étalez juste un peu les choses dans un bâtiment donné ou dans un espace...Pour que vous puissiez avoir, disons, une salle à manger ou une cuisine avec une famille d'un côté, mais tout le monde pourrait avoir son bureau sur le toit et tout le monde pourrait avoir... avoir une salle de jeux pour plusieurs personnes ailleurs. L'espace occupé est identique à la superficie en pieds carrés, mais en terme d'utilisation, il est beaucoup plus grand. C'est comme si vous externalisiez un peu de votre vie privée et que vous en obteniez davantage en retour. C'est un très bon échange. C'est comme quand je vivais dans la maison Moriyama, qui est un très bon exemple de l'architecture de Ryue Nishizawa. Il s'agit, sur papier, du plus petit espace que j'ai habité. Je pense que vous pourriez faire tenir cette pièce, en fait, au moins 10 d'entre elles, dans mon appartement actuel. vous pourriez faire tenir toute la maison dans mon appartement actuel. La seule pièce que j'avais, avait une porte géante donnant sur la rue. Et cette porte géante donnant sur la rue a fait en sorte que la rue soit toujours dans ma maison, mais ma maison était aussi la rue, mais elle était bien plus grande que ma maison. On obtient davantage si on divise, partage et utilise les choses de différentes manières. Je suis vraiment convaincu de cela. Mais c'est vraiment, difficile de convaincre les autres, quand ils achètent, quand ils font des chèques, mais j'essaie. Nous travaillons sur deux projets qui sont en quelque sorte, je dirais, des logements collectifs. L'un se trouve dans à Rockaway à New York et l'autre ici à Berlin; 26 unités ici, et six chambres à coucher dans les autres. Ici, le terrain était très abordable à une époque, et c'est la première chose, n'est-ce pas? Il n'y avait pas la même urgence à cause du coût du terrain. C'est donc la première chose, vous devez encore construire sur cette flexibilité. Et l'autre chose que vous faites pour convaincre les gens, c'est de dire : Ok, d'accord, en collectivisant cela, nous éliminons certains intermédiaires, n'est-ce pas? Nous éliminons tous ceux qui vont gagner de l'argent grâce cela, parce que vous vous souciez de votre propre maison. Et c'est une chose tellement cool que ça ne marche jamais avec les investisseurs. Il faut avoir des gens qui veulent vivre de cette façon, non? Et bien sûr, ils investissent, mais je ne les appelle jamais mes investisseurs. Je les appelle mes clients et mes futurs voisins. Je veux dire, tu dois vraiment parler aux gens comme si c'était ta vie, non? Et je n'ai pas encore trouvé le moyen de le faire avec quelqu'un qui veut le faire de manière spéculative. Bien que les gens en parlent avec moi de temps en temps, je n'ai jamais réussi à le faire démarrer comme un projet spéculatif. Mais peut-être que ce n'est que moi. Je pense que quelqu'un qui est meilleur avec les chiffres pourrait. J'ai tendance à essayer de convaincre les gens en disant : "Non, votre vie sera meilleure comme ça". Et donc, dans tous les cas, tous ceux qui contribuent vivent là, dans ces projets, dans tous ces projets sur lesquels je travaille. Que pensez-vous d'y aller encore plus micro? Et si on se contentait de mettre des tables et de montrer comment on cuisine? Et j'ai un problème que tous les architectes ont, qui est que l'architecture prend trop de temps. Et pourtant, je suis vraiment intéressé par ce genre de question plus large que vous posez sur la collectivité. Et dans beaucoup de nos travaux, la moitié des projets en cours consistent à repenser la façon dont le Bauhaus faisait les cuisines en ligne, à faire en sorte que les gens cuisinent ensemble, se réunissent, ce qui, d'une certaine façon, commence lentement à s'apparenter à une idée macro-collectivité, n'est-ce pas? Je dirais qu'en tant qu'Américain, c'est juste une idée collective d'être démocrate ou même plus socialiste. Cela m'aide tout le temps de passer d'une échelle à l'autre. Donc, juste par exemple, le four, c'est ça? En matière de four, nous faisons des modèles qui sont en forme de cercles, de sorte que tout le monde se tient debout par défaut. D'accord, c'est un peu simple, mais cela permet aussi de convaincre les clients et quiconque, quel que soit l'avenir collectif, de le faire dans leur appartement, dans leur logement, dans leur collectivités. J'aimerais que les gens aient moins peur de ça. C'est le principal. Je veux dire, et c'est peut-être une façon ennuyeuse de détourner la conversation, mais bien sûr, c'est toujours une question d'argent très, très rapidement. Et c'est tellement pénible de parler à des clients et à des gens qui sont vraiment prêts à penser collectivement, mais alors comment investir collectivement? Comment collectiviser les profits? L'immobilier est devenu davantage une monnaie d'échange qu'un lieu de vie. Je veux dire que l'espace de vie est de plus en plus petit, Je veux dire que l'espace de vie est de plus en plus petit, et le potentiel de revente soit de plus en plus grand. Donc, je suppose qu'à l'avenir, j'aimerais que l'immobilier soit sans valeur, même s'il en possède beaucoup. J'aimerais qu'il s'effondre. Et peut-être que nous n'aurons pas à vivre dans les villes et que les villes redeviendront alors incroyablement bon marché. Et puis la campagne, vous pouvez commencer à penser à des enjeux collectifs, où chaque pied ou mètre carré n'est pas perçu comme votre portefeuille d'investissement. Parce que cela permet de partager plus facilement et de ne pas s'en faire. Il s'agirait simplement de partager par défaut ou de collectiviser ces choses quelque peu expérimentales. Pour une société post-COVID, je veux inviter plus de gens à venir vivre avec moi. J'ai un bébé de six mois, non, maintenant un bébé de huit mois et une femme adorable, et nous avons une famille nucléaire et c'est génial, mais ce que je veux dans un nouveau monde post-COVID, c'est un ensemble plus large de connexions qui ne soient pas si isolées. C'est ce que je vais faire dans une société post-COVID. Je vais commencer à inviter plus de gens. Je vais envoyer ma fille, ma toute petite fille, chez ses parrains et marraines pendant une semaine. Je vais essayer de mélanger les choses, et essayer de forger de nouvelles relations avec les gens. Je vais essayer de rencontrer davantage de gens. En gros, je vais essayer de collectiviser davantage la réflexion. Je vais faire participer plus de gens à plus de projets. C'est ma réponse pour l'avenir. Oui, je veux dire, précisément. Dès que vous obtenez une maison, que vous ayez un prêt hypothécaire à risque ou non, vous commencez à vous préoccuper plus que jamais de l'argent. C'est un fait. Je veux dire que je me soucie plus de l'argent chaque année que l'année précédente. Et je gagne plus d'argent chaque année que l'année précédente. Cela ne peut pas être l'objectif. Nous disons simplement que nous avons été trompés en pensant que la façon dont nous mesurons le succès est en grande partie une ruse. Je ne suis pas le premier à le dire, c'est sûr. L'impact sur l'architecture est particulièrement hideux. En effet, que tout le monde doive posséder sa propre maison, qu'il faille avoir tous ces symboles. Et si, au lieu d'avoir quelque chose de beaucoup plus cool, ou même prenons du recul, comme la location, la location fonctionne vraiment. Je veux dire, à bien des égards, les Allemands, je veux dire qu'ils s'en tirent très bien, faits à l'appui. La relation entre la location et la l'achat d'une propriété diffère entre le Royaume-Uni et l'Allemagne. Approximativement un tiers des Allemands sont propriétaires de leur maison et deux tiers la louent. Et à l'inverse, approximativement deux tiers des Britanniques sont propriétaires de leur maison et un tiers sont locataires. Et l'un des plus simples constats, c'est que les maisons britanniques deviennent plus petites, beaucoup, beaucoup plus vite que les maisons allemandes. Parce que les gens veulent une part du gâteau et que le marché l'a compris, , il y a une pression sans fin vers la réduction parce qu'ils vendent ce rêve. Je ne plaide pas pour des maisons plus grandes ou petites, mais en théorie, cela semble bizarre. Et si vous regardez certaines bizarreries comme John Lewis qui est un grand magasin en Angleterre, ils ont aussi commencé à faire des lits plus petits en Angleterre. Tandis qu'ici,en Allemagne, les lits deviennent plus grands. Les gens ont des lits de plus en plus grands, et en Angleterre, ils ont des lits de plus en plus petits. C'est en partie à cause de cette inadéquation. C'était un peu trop long...C'était une réflexion compliquée que je tentais de formuler. J'espère que c'était clair. Je vais jeter un coup d'œil à mon ordinateur et voir si nous avons des questions. Tout d'abord, à propos de votre façon d'enseigner ou de vos évaluations, que remarquez-vous à propos de cette génération d'étudiants? Pensez-vous qu'ils s'intéressent à la collectivité? Je pense qu'ils s'intéressent à la collectivité. En particulier, ils se sentent tous incroyablement seuls en ce moment. C'est surtout à cause de cette situation liée à la COVID; ils sont réellement seuls. Ma vie entière se résume aux appels sur Zoom, ce qui n'est pas différent de ce que nous faisons, avec des étudiants qui sont de plus en plus intéressés à être ensemble. Mais c'était aussi vrai avant, bien sûr, mais maintenant je pense que les étudiants s'imaginent vivre ensemble. Et l'idée de l'immobilier au sens commercial, leur semble très, très éloignée. Mes étudiants sont à Londres. J'enseigne à l'AA où tout le monde partage et tout le monde y est tenu Et de par leur nature même, tous les projets que nous réalisons visent à combiner la vie avec autre chose, avec le travail, avec l'interaction, pour que cela devienne collectif. Ces étudiants me donnent de l'espoir. Très bien. Voyons ce que nous avons d'autre ici. D'accord, c'est intéressant. Les architectes doivent-ils faire des projets ou travailler sur des politiques? Je fais des projets et ils devraient travailler sur des politiques. Je pense que les projets répondent véritablement à ma propre vanité, même s'ils partent du concept de collectivité, à bien des égards. Et j'aimerais bien trouver comment transformer cela en politique, mais je ne l'ai pas encore fait. Mais je pense que la politique est plus importante. D'accord. Voyons si nous pouvons ajouter une ou deux autres questions. Venant de notre public en ligne vous avez parlé de la campagne, voyez-vous les populations urbaines devenir plus sensibles à la campagne sans pour autant les transformer en banlieues ou les multiplier dans le monde post-COVID? Je l'espère, parce que je pense que nous avons besoin de plus de flexibilité et je pense que nous avons besoin d'une meilleure réponse que la dernière réponse de Rem. Très bien. Voyons si nous avons le temps pour une autre réponse. Une autre question du public, pouvez-vous faire une différentiation entre votre idée de la collectivité et de la vie en communes? C'est difficile, mais c'est vraiment important de faire cette différence. Donc les communes, vous vous lancez dans des considérations esthétiques et vous pouvez en parler pendant des heures, mais les communes impliquent une sorte de concept anti-luxe. Je veux vraiment vendre l'idée que vous pouvez vivre en collectivité, qui que vous souhaitiez être. Pour moi, les communes ont toutes sortes d'idéologies potentielles, et la collectivité n'a pas besoin d'en avoir en soi. Non pas que je n'aie pas d'idéologies, ni que vous n'en avez pas, qui que soit celui qui ait posé cette question. Mais en résumé, peu importe ce que vous souhaitez réaliser, Vous n'avez pas besoin de relier entre ces deux choses. Donc, dans l'esprit de tout le monde, quand vous entendez une commune, cela signifie que vous devez faire les corvées et c'est bien, vous pouvez aussi faire les corvées. Je ne suis pas contre les corvées, je suis juste contre le fait d'enfermer la collectivité dans une sorte de style de de vie que la commune semble évoquer, ce qui est bien sûr une logique sémantique artificielle, mais c'est quand même vrai. Très bien, parfait. Merci beaucoup pour cette réponse. Je crains que nous devrons conclure maintenant. Merci encore d'avoir rejoint la conversation, Sam, à tous ceux qui sont dans le public, qui sont ici. Sam, bien sûr, nous espérons avoir l'occasion de parler davantage avec vous de ces sujets à l'avenir. Et maintenant, nous avons Eric Klinenberg qui nous rejoindra de New York. Merci beaucoup. and engage friends and relatives, be in the social world. A little bit of loneliness is your body telling you you need stronger connections, and there's a variety of ways you can get those. But, when loneliness is unaddressed, and you can't get those connections, it can cycle into something much worse. And so, I think we know much more than we used to about how damaging loneliness can be on people, and how important it is to address it. And so, and a lot of governments around the world are starting to take it more seriously as a public health concern. Évidemment, en Angleterre, ils ont un commissaire dont le travail consiste à gérer la solitude, et l'ancien ministre de la santé des États-Unis a attiré l'attention sur la solitude et dans son travail également. Je pense que c'est un bon départ. Je dis simplement que souvent, les rapports selon lesquels nous avons atteint des niveaux records de solitude ou des niveaux épidémiques de solitude me semblent peu convaincants. Nous n'avons tout simplement pas la preuve qu'il y a beaucoup plus de solitude aujourd'hui qu'auparavant. Les preuves sont contradictoires. Je n'ai donc pas de réelle inquiétude quant aux programmes spéciaux pour faire face à la solitude, je pense simplement qu'ils devraient être considérés dans un contexte où nous avons également d'autres types de menaces de santé publique. J'ai été un défenseur de l'augmentation des infrastructures sociales dans nos villes communautés et par infrastructure sociale, je veux parler des lieux physiques et des organisations qui façonnent notre capacité à interagir les uns avec les autres. Ainsi, si vous vivez au sein d'une ville ou d'une banlieue qui investit dans des bibliothèques publiques, des parcs ou des terrains de jeux, ou des couloirs commerciaux ui invitent les gens à se réunir, des centres pour personnes âgées, ce genre d'activités, ces lieux physiques accueillent des activités qui nous permettent vraiment de construire des ponts avec les gens qui nous entourent. Pourtant, ils ne résolvent pas le problème de la solitude, mais si vous vivez dans une communauté qui dispose d'un grand terrain de jeu, d'une grande bibliothèque ou d'un grand parc, vous avez beaucoup plus d'opportunités de faire l'expérience d'un monde en compagnie des gens qui vivent à proximité. Je pense que ces opportunités peuvent faire une réelle différence dans notre qualité de vie et dans notre capacité à surmonter le sentiment d'être seul. Lorsque la pandémie a démarré, de nombreux responsables de la santé publique ont appelé à la distanciation sociale comme stratégie pour surmonter cette crise. Et j'ai compris pourquoi ils utilisent ce concept, mais j'ai immédiatement été très inquiet car la distanciation sociale nous dit que ce que nous devons faire, c'est de retourner chez soi, e fermer la porte et de tourner le dos au monde. Et de prendre soin de soi-même. Inévitablement, dans un moment comme celui-ci, certaines personnes et certains endroits vont avoir besoin de beaucoup de soutien. Ce dont ils ont vraiment besoin, c'est d'un coup de main. Il m'est donc apparu que ce n'est pas vraiment la proximité ou la distanciation sociale qui détermine si vous exposez quelqu'un d'autre à un virus contagieux, mais la distance physique. Et en fait, ce dont nous avons vraiment besoin pour surmonter cette situation, c'est de la solidarité sociale. Et nous devons reconnaître les liens d'interdépendance qui nous unissent, reconnaître les liens qui existent entre notre destin, celui de nos voisins et des personnes qui nous entourent. Il faut s'assurer que nous investissons dans des stratégies publiques, des biens publics, qui promeuvent le meilleur de nous tous. Et si nous ne sommes pas en mesure de le faire, nous ne faisons que rendre chacun d'entre nous plus vulnérable, plus dangereux. Je pense donc que ce n'est pas de distanciation sociale dont nous avons besoin. Il s'agit de distanciation physique et de solidarité sociale. Mon message pour les designers en ce moment est qu'il s'agit d'un moment extraordinaire. Je veux dire par là que tout est à saisir. Nous allons nous lancer dans d'importants nouveaux projets de construction dans les années à venir, nous allons repenser un tas de questions fondamentales portant sur la vie en ville, la signification derrière l'organisation d'une région métropolitaine, la conception des espaces publics, le niveau approprié d'intimité et de distance dont nous avons besoin pour vivre ensemble. Et ma conviction, basée sur le travail que j'ai accompli depuis des années, est qu'avec le temps, notre anxiété concernant le toucher et la proximité va s'estomper et que nous reviendrons avec un très fort intérêt pour la proximité. Nous devrions réfléchir à à la conception de nos espaces physiques du futur comme étant organisés autour de ce même défi. Comment faire de beaux espaces physiques où les gens être ensemble? Parce que c'est vraiment ce que nous voulons. Les choses les plus inspirantes en ce moment sont les actes d'entraide que vous voyez au niveau très local, les appels à reconstruire notre appréciation du bien public, de nos intérêts communs, de nos institutions démocratiques. Je pense que beaucoup de gens reconnaissent que, historiquement, les crises comme celle-ci ont été des points tournants pour les sociétés, et qu'elles créent de réelles possibilités de bâtir quelque chose de nouveau et de différent. Et avouons-le, nous étions assez divisés bien avant l'apparition du coronavirus et beaucoup d'entre nous craignaient pour l'avenir de nos institutions démocratiques avant que ce moment n'arrive. Et je vois des gens qui cherchent des moyens d'aider leurs voisins et parents plus âgés à apprendre la technologie afin de pouvoir rester connectés pendant ce moment. Je constate que les jeunes, qui sont souvent critiqués de participer à des fêtes en refusant de se couper du monde, sont en fait, dans la grande majorité des cas, en train de trouver des moyens de s'entraider et d'aider les personnes âgées. J'ai donc vu des gens faire des livraisons de nourriture, de fournitures médicales et d'autres biens essentiels à des voisins qui avaient besoin de cette aide. Il y a toutes sortes de signes positifs. Malheureusement, il y a aussi beaucoup de choses qui pointent dans la direction opposée, parce que les gens essaient toujours de retourner les catastrophes à leur propre avantage. Et une fois de plus, nous avons vu des abus, nous avons été témoins de la corruption et du détournement de fonds publics vers des gens qui n'en ont pas besoin. Et je pense que dans les mois et les années à venir, il va y avoir des luttes importantes pour comprendre quel genre d'avenir nous avons construit. Commençons tout de suite avec les questions du public. Pensez-vous que la technologie joue un rôle dans la solitude aujourd'hui ? C'est un débat majeur. Est-ce que Facebook nous rend plus seuls que jamais? Sommes-nous arrivés à cette situation où nous sommes tellement sur nos écrans que nous ne réussissons pas à établir de véritables et profondes connections avec les gens qui nous entourent? Pour être franc, je pense qu'il n'y a pas vraiment de preuve que la technologie nous rende plus seuls que nous ne l'avons jamais été. Je pense qu'il y a des gens qui n'utilisent pas d'une bonne façon la technologie, et ils ont tendance à comparer leur propre vie à la vie romancée des gens dont ils suivent les histoires sur les médias sociaux et ils finissent par se sentir mal dans leur peau et se sentir seuls. Mais je veux dire... Nous avons atteint ce moment où, sans la technologie, comme Zoom que nous utilisons en ce moment, ou FaceTime, ou Skype, ou Facebook, ou Twitter d'ailleurs, nous serions tout simplement beaucoup plus isolés et déconnectés que nous ne le serions autrement. Je pense donc que la réponse est malheureusement que cela dépend, mais je ne crois pas que la technologie nous rende plus seuls que nous ne l'avons jamais été. Notre prochaine question est en lien avec Georg Simmel, et porte sur la façon dont il a soutenu que l'isolement est quelque chose qui découle de la vie moderne dans les villes. Et la question est la suivante : pensez-vous que cette interruption actuelle de la vie moderne et de la vie sur la voie rapide pourrait contribuer à une manière plus positive de faire participer les gens à la vie publique? Wow, eh bien, chapeau à vous d’avoir évoqué Simmel dans cette conversation. Je ne m'y étais pas préparé, mais c'est vrai, c'est un de mes héros en sociologie. Georg Simmel est une figure inspirante qui peut probablement partager les idées les plus profondes quant au rôle de l'individu dans la société. Et je pense que cette période a été très effrayante pour beaucoup d'entre nous. En tait, il a été très difficile de faire face à nos angoisses, à nos pertes, à nos maladies, mais cela dit, si vous avez réussi à traverser cette période et avoir une solitude productive et penser au genre de vie que vous voulez mener, aux relations que vous voulez avoir, à la façon dont vous pourriez changer votre rythme de vie et vos interactions, et votre relation avec votre écran, mais aussi avec les autres quand vous réintégrez le monde alors cette période aura été productive. J'ai toujours été convaincu que cet événement pourrait être un point tournant dans l'histoire. Il pourrait nous conduire dans l'obscurité mais il demeure possible que nous en sortions avec une nouvelle vision de notre manière de vivre et un esprit de solidarité renouvelé. Et c'est ce que j'espère. Dans le même ordre d'idées, en ce qui concerne la terrible agitation urbaine à laquelle nous assistons et la montée de la violence policière dans le monde entier, mais surtout aux États-Unis, y a-t-il un rôle que l'infrastructure sociale joue ou peut jouer? Eh bien, je pense que oui. En fait, si nous n'avions pas d'infrastructures sociales comme des trottoirs, des rues et des places publiques, les gens ne pourraient pas se rassembler pour protester contre un gouvernement répressif, violent et abusif. People could not express their frustration Les gens ne pourraient pas exprimer leur frustration Et je pense qu'il y a eu beaucoup de colère refoulée à propos de ce qui se passe dans mon pays depuis longtemps, e aussi pendant la crise de la COVID, où les personnes de couleur, les Noirs et les Latinos en particulier, ont connu des situations bien pires que les personnes blanches. Et je suis reconnaissant que nous disposions d'une infrastructure sociale permettant de soutenir le mouvement, dont nous avons vraiment besoin pour parvenir à un monde meilleur. Vous avez parlé de l'infrastructure sociale comme étant à la fois des espaces programmés ou non programmés. Y a-t-il un rôle qui soit différent pour les deux ou l'un est-il plus efficace que l'autre? Il y a certainement un rôle pour les deux. En fait, la bibliothèque, qui est l'une de mes infrastructures sociales préférées, est un espace fortement programmé. Les salles sont conçues pour être programmées d'une manière particulière Et puis elles ont des programmateurs sous les traits de bibliothécaires qui aident à guider l'activité. Nous sommes à un moment bien précis où la programmation et les programmateurs nous aident vraiment puisque nous devons être en public, mais aussi maintenir une distance physique pour rester en sécurité pendant cette pandémie. Mais lorsque tout sera terminé, il y aura aussi un rôle tant pour les espaces publics programmés que non programmés que les gens peuvent adapter à leurs propres usages. Les parcs sont parfaits pour cela, par exemple et les trottoirs et les rues peuvent faire de même Il faut donc vraiment une combinaison de ces éléments. Je pense que nous avons tendance à tenir les espaces programmés comme allant de soi et je pense que nous devons vraiment reconnaître la valeur que nous tirons d'un espace programmé et public également. Très bien. C'est tout le temps que nous avions. Merci encore pour votre temps et merci à tous ceux qui ont posé des questions. Merci beaucoup. Ce fut un plaisir d'être avec vous. Bonjour à toutes et à tous. Je suis Greg Lynn, un grand fan et partisan du CCA et j'ai récemment joint les rangs du conseil On m'a demandé d'avoir une conversation avec quelqu'un et la première personne à laquelle j'ai pensé, instantanément a été Nicholas Negroponte. Et je suis très heureux que Nicholas puisse se joindre à nous et nous parler un peu non pas tant de notre situation actuelle mais plutôt de notre avenir. Je remercie donc, Nicholas, et je suis impatient d'entamer cette intéressante conversation. Pour donner le coup d'envoi... L'une des choses qui m'a le plus frappé lorsque j'ai fait votre connaissance c'est que vous avez dit que vous aviez l'habitude de travailler sur de gros problèmes de conception et de technologie. Et j'ai l'impression qu'en ce moment même, on se tourne à la fois vers le design et la technologie pour résoudre de gros problèmes, tout d'un coup, à nouveau. Et je me demande si vous ressentez cela aussi... et quels sont, selon vous, certains des grands problèmes. Et je ne veux pas dire seulement en lien avec la COVID Je veux dire, avec le climat, juste avec tout. Laissez-moi commencer par quelques mots sur mon parcours parce que vous vous souvenez peut-être, que j'ai fait une école d'architecture et que j'ai étudié l'architecture comme vous l'avez fait, et comme probablement beaucoup de gens dans le public. Et quand j'ai été sur le point d'obtenir mon diplôme, j'ai eu le sentiment que l'impact que je pourrais avoir, tout au long de ma vie, serait très faible, à moins que je sois celui qui, sur 100 000 personnes, est de la trempe de Frank Gehry, qui a eu un impact énorme, non seulement sur des bâtiments précis, mais aussi sur les façons de penser, et j'en passe. Alors peut-être qu'au lieu de me lancer dans l'architecture, je pourrais me consacrer à la conception des outils qu'utilisent les architectes. C'est là que j'ai commencé. Et vous faites un compromis. Vous n'avez pas de crédit en tant qu'outilleur, mais des les faits, vous savez que vous allez avoir un plus grand impact parce que beaucoup de gens utilisent vos outils pour faire beaucoup de choses, et que si vous pouvez intégrer certaines choses à même ces outils, cela peut avoir un impact réel. C'est donc ce que j'ai passé ma vie à faire. J'ai été légèrement distrait parce que je n'aimais pas les outils, et puis vous faites de meilleurs outils, et puis vous entrez dans, vous connaissez l'histoire... vous tombez dans le terrier du lapin. Mais s'il y a une chose que nous avons toujours apprécié, en particulier au MIT, c'est que puisqu'il n'y avait pas de pressions économiques où vous devez faire quelque chose pour le client ou faire quelque chose pour un commanditaire, nous avions carte blanche. Vous pouviez imaginer de grandes choses. Et j'avais des collègues qui faisaient cela. Et je vais nommer des gens comme Marvin Minsky Et même si je ne connaissais pas Buckminster Fuller particulièrement bien, je l'avais comme professeur. C'est l'âge que j'ai. Et ces gens étaient de grands penseurs, de très grands penseurs. Et maintenant la conversation à laquelle vous référiez... Je suis devenu un peu inquiet que l'économie des start-ups, que les monopoles des idées par les grandes entreprises, que la confidentialité a rendu la grande idée un peu plus petite. Plus petite non seulement parce que les gens ont des idées plus petites, mais aussi parce qu'ils sont moins nombreux à le faire. Cela me brise le cœur de voir un grand nombre de nos étudiants partir travailler pour des start-ups qui se livrent mutuellement des pizzas ou s'occupent de la blanchisserie ou d'autre chose. Elles [les start-ups] arrachent les gens à quelque chose que j'aurais imaginé beaucoup plus grand. En fait, l’une des choses que j'ai entendues de la part de tout le monde est que les gens font une pause en ce moment et posent des questions plus importantes. Je pense vous avoir déjà dit que j'étais fasciné par certaines des choses que WeWork faisait, en termes de construire un espace intelligent. Mais j'ai toujours trouvé que c'était comme un élevage de poulets de Tyson où l'on tente seulement de trouver comment faire tenir un maximum de gens dans un espace de plus en plus restreint et les faire tourner de plus en plus vite. C'était donc une technologie et une ambition incroyables, mais pour, une fois de plus, voués à l'optimisation dans un sens plutôt que d'en faire quelque chose de libérateur. Alors que maintenant tout le monde se dit: qu'est-ce qu'un bureau de toute façon? Arrêtons-nous une minute et demandons-nous: De quoi parlons-nous ici? Si je dois travailler chez moi, ma maison n'est plus une maison, ou mon appartement n'est plus un appartement. Et je dois repenser à ce que mon bureau représente si ce n'est pas une multitude de salles de conférence et de cubicules. Eh bien, le coronavirus a également forcé les gens à faire des choses et, avec le recul, ils se disent: Attendez un instant. Ce n'est pas si mal. Par exemple, est-ce qu'aller dans un bureau est si important? Et la réponse est plus souvent qu'autrement, non, parce que qu'est-ce que vous faites? Vous tapez à la maison; nous travaillons tous à la maison dans une certaine mesure. Et puis, que faites-vous? Vous allez dans un bureau et vous fermez la porte, et vous vous vous reconnectez à une autre machine, simplement pour continuer ce que vous faisiez à la maison. Le bénéfice réel est donc faible. Et l'une des plus grandes technologies, en termes d'impact sur l'architecture, sur les villes, est l'ascenseur. And, nobody wants to get into an elevator anymore. Et plus personne ne veut monter dans un ascenseur. Quand j'y pense, cette idée m'est complètement étrangère. J'ai dit : Eh bien, attendez une seconde... Que signifierait une ville sans ascenseur? Eh bien, c'est un autre genre de ville. Il pourrait y avoir des inventions qui changeraient ce que nous tenions pour acquis, vous savez. Des gens qui montent et descendent en même temps dans de petites boîtes. L'une des chose que j'aime concevoir, c'est quelque chose qui est un prototype, juste parce qu'on suppose que ce sera pour une forme d'adoption et d'utilisation collective plutôt que pour une personne, un couple, une famille ou autre. C'est beaucoup plus amusant de concevoir des choses qui sont des prototypes. De quel côté la balance penche-t-elle en ce moment? Est-ce du côté des prototypes? Je veux dire, pensez-vous que les grands problèmes sont associés à la pensée prototypique et à la réflexion sur le collectif plutôt qu'être axés sur l'individu? Il y a en quelque sorte deux questions. La pensée collective est devenue un peu démodée dans ce pays, en partie à cause de l'administration actuelle, et cela fait peut-être 20 ou 30 ans que nous disons à nos enfants : Chéri(e), tu devrais te lancer dans les affaires et bien faire. Il n'y a pas eu beaucoup de sens civique. Quand j'ai grandi, mon père m'a fait comprendre que la meilleure chose que chacun d'entre nous puisse faire était de se diriger vers une forme de service public Et cette société civique, si vous y contribuez réellement, est vraiment la bonne voie à suivre. Et c'était en quelque sorte le point de vue d'une personne riche, parce que personne n'a besoin de s'inquiéter de la provenance du prochain repas. C'est donc plutôt votre obligation. C'est ce que vous devriez faire. On suppose généralement que le secteur public est pour les perdants et que les gagnants œuvrent dans le secteur privé. Et c'est une bien triste situation. Les architectes ont vécu des deux côtés de cette équation, parce qu'une part de l'architecture est faite à la fois à l'échelle civique et dans le cadre de la société civique. Certains architectes l'ont fait par vocation, aussi bien qu'ils doivent le faire, ou qu'ils veulent le faire. Mais le monde, en général, doit changer à l'heure actuelle. Et je ne parle pas seulement des prochaines élections. J'ai la nette impression que les gens se préoccupent d'abord d'eux-mêmes et pensent ensuite aux autres. Et ça ne fonctionne pas vraiment comme ça. C'est plus évident que jamais en ce moment. Je pense qu'il y a un réel intérêt, du moins dans notre foyer, si je pense au fait que nous avons eu un grand débat sur l'utilisation d'Instacart. Et la première fois que nous avons décidé d'utiliser Instacart, j'étais vraiment inquiet, et quand la représentante d'Instacart est arrivée, c'était une femme de 70 ans... Et nous nous sommes étonnés: Oh mon Dieu, pourquoi faites-vous la livraisons pour Instacart? Et elle a dit: Parce que j'ai accès tôt aux épiceries. Donc toutes celles et ceux qui livrent pour Instacart, en ce moment, ont plus de 65 ans, parce qu'ils sont les premiers à avoir accès. Et c'est juste le fait de se concentrer sur soi-même et de ne pas penser aux conséquences. C'est tellement visible en ce moment, qu'on peut espérer que les gens fassent plus attention au coût de penser de façon égoïste. Eh bien, le capitalisme débridé est au sommet de ma liste. J'espère qu'il ne reviendra pas. Et j'espère qu'il y aura une remise en question, parce qu'il est facile de constater, dans différents domaines, que cela nous a mis dans le pétrin. Et c'est la partie sans obstacles qui m'importe. Ce n'est pas un rejet complet de la concurrence et de tout ce qui va avec. Oui, j'ai l'impression de ne pas être tout à fait prêt à l'avouer, mais une grande partie de l'économie de partage, qui semble être une si bonne chose, comme lorsque vos enfants ont quatre ans, vous dites: Vous devez apprendre à partager vos jouets. A priori c'est louable, mais la réalité est bien plus sombre. Et c'est définitivement remis en question en ce moment. Les gens ne sont pas sûrs de vouloir monter dans la voiture de quelqu'un et de lui faire faire un tour. Ils n'en sont pas si sûrs. Il y a beaucoup de choses que nous devrions partager et dont nous avons besoin et qui sont vraiment perçues comme une énorme perte comme le contexte ne soit pas très favorable aux transports publics. Mais je pense que certains modèles de partage misaient en fait sur l'exploitation et si le tiers d'entre eux de devaient pas s'en remettre... je serais très heureux. C'est assez audacieux. Vraiment? (rires) Je vous connais assez bien pour savoir que vous n'êtes pas d'accord avec cela. (rires) Non, pas du tout. Non. Je pense que c'est une prédiction très audacieuse, parce que l'économie partagée, comme on l'a appelée a été construite sur la prémisse que que le cycle de vie utile de tant de choses autour de nous est si bas. Pourquoi posséder une voiture? En fait, posséder une voiture est une idée plutôt stupide. Il est certain qu'en ville, personne ne possède vraiment de voiture, sauf peut-être à Los Angeles. J'étais très favorable à l'économie de partage. Et même si je ne veux pas que des gens vivent dans ma maison, cela me dérange que j'aie une maison vide à Cambridge. Vous pensez, eh bien, peut-être que nous devrions partager cela. Cela contribue certainement à économiser de l'énergie et a d'autres propriétés. Mais si vous pensez qu'un tiers de ces entreprise mordront la poussière, c'est assez intéressant. Oui, et pour moi, c'est davantage plus que mon fils adolescent aurait six scooters Bird dans la maison chaque nuit, en train de charger. Et on les verrait dans la rue se faire démolir ou encore ne pas être utilisés. Et de savoir que tout le monde veut accéder à un service sans responsabilité en retour, fait partie de ce qui ne me manquera pas si cela devait disparaître Je veux dire, la responsabilité des objets et la responsabilité des choses, et non pas seulement le fait de supposer que vous appelez quelque chose sur votre téléphone, et qu'il arrive deux secondes plus tard, livré par quelqu'un qui n'a pas vraiment de travail à plein temps. Cette partie de l'économie de partage ne me manquera pas si elle devait être légèrement entravée, seulement parce que je ne sais pas où elle s'arrête. Il y aura soit une accélération ou un ralentissement, ou encore, certains aspects survivront et d'autres pas. Mais... C'est l'heure du jugement pour l'économie de partage. Je m'appelle Hazel Grover, de Saint-Paul, dans le Minnesota. Et la chose, au sein de ma famille, pour laquelle je ne souhaite pas de retour à la normale est la confiance. J'ai l'impression que trop souvent, avec l'emploi du temps normal, on ne me fait pas confiance pour gérer des tâches simples sans un million de rappels. Mais maintenant que l'école nous donne des tâches, et qu'on attend qu'elles soient faites, j'ai le sentiment que mes parents me font davantage confiance, qu'ils voient que je peux accomplir des choses. Je m'appelle Amalia et je originaire de New York. Pendant la quarantaine, j'ai eu beaucoup de temps libre. Pendant cette période, j'ai passé plus de temps de qualité avec mes parents et j'ai amélioré ma chambre. Mon père et moi avons fait de nombreuses promenades à vélo, et ma mère et moi venons de commencer à faire du jogging ensemble. Nous avons également joué à de nombreux jeux de société. Quand je ne suis pas à l'école, quand je ne fais pas mes devoirs, ou quand je ne passe pas du temps avec ma famille, je m'efforce d'améliorer ma chambre. Jusqu'à présent, j'ai installé un mur de photos et j'ai réorganisé mon mobilier. Lorsque la pandémie sera terminée, j'espère vraiment pouvoir continuer à passer du temps avec ma famille, et continuer à améliorer ma chambre. Bonjour, je m'appelle Lauren MacDonald et j'habite à Oakville, Ontario, Canada. Je ne veux pas perdre la flexibilité, la façon dont je gère mon temps après la pandémie. J'aime pouvoir faire mes devoirs selon mon propre horaire et j'aime passer tout mon temps en famille à profiter du jardin, des jeux de société et à se détendre ensemble. Je m'appelle Ina Udier et je suis originaire de Zagreb, en Croatie. Quand j'ai d'abord lu votre question, j'ai pensé aux gens qui sortent. Je ne crois pas avoir jamais vu autant d'enfants jouer dans la rue où je vis, ni autant de cyclistes C'est quelque chose que j'aimerais voir tous les jours car c'est bon non seulement pour l'environnement, mais aussi pour les individus eux-mêmes. De nombreuses personnes ont eu recours à des moyens de transport alternatifs, car ma ville a récemment été frappée par un tremblement de terre qui a rendu les moyens de transport habituels tels que les trams ou les bus, complètement inutilisables dans certains quartiers, où les décombres bloquent les rues. Une autre chose que je voudrais mentionner, même si je sais qu'elle ne concerne pas ma ville, autant qu'elle concerne, par exemple, Venise, c'est l'écologie. Le fait d'isoler l'homme de la nature a permis d'améliorer considérablement l'environnement. Et je sais que ce n'est que temporaire, car les grandes usines ne fonctionnent pas, mais je pense que c'est un excellent signal d'alarme pour que nous commencions à nous soucier davantage de l'environnement. Cela m'a certainement fait réfléchir à ce que je peux faire pour aider ma communauté et pour initier un changement positif. Bonjour, je suis Lev Bratishenko, conservateur, Public au CCA, et vous venez d'entendre certaines des équipes sélectionnées pour notre nouveau projet Y a-t-il un expert dans la salle —de 13 à 16 ans? Nous avons réalisé de nombreux projets de recherche au cours des 40 dernières années, mais c'est le premier où les adolescents sont les experts. Le projet a d'abord pris la forme d'une réflexion, amorcée l'an dernier, avant la crise alors que nous nous questionnions à propos d'experts que nous avions peut-être négligés Certaines des meilleures personnes les plus pertinentes et à qui nous devrions parler à la lumière de nos intérêts actuels? Et, comme le savent les parents parmi vous, les adolescents sont de fins négociateurs quant aux espaces partagés, n'est-ce pas? Ils en sont à ce stade de leur vie où ils commencent en quelque sorte à établir leur indépendance, tout en ne pouvant pas quitter la maison et c'est une condition intéressante. Cette génération est aussi particulières à d'autres égards. Ils sont pratiquement en ligne depuis leur naissance. Leur vie sociale est pensée sous forme de réseaux et ils ont aussi été éduqués avec une profonde conscience de la fragilité du climat et de leur propre complicité et contribution à ce niveau. Ce n'est donc pas un hasard si c'est cette génération qui a vu naître Greta Thunberg. Ce sont des penseurs à la vision systémique, des penseurs critiques. Et en même temps, ils savent qu'ils sont engagés dans une sorte de société de consommation individualiste. On peut donc dire qu'ils sont l'avenir le plus lointain auquel nous pouvons parler aujourd'hui. Et nous avons vraiment hâte de poursuivre la conversation avec eux au cours de l'été. Et restez à l'écoute pour voir ce qu'il en résultera.

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Duration: 1 hour, 19 minutes and 48 seconds
Country:
Language: English
License: Dotsub - Standard License
Genre: None
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Posted by: clavallee on Jul 8, 2020

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