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Pourquoi ils transportent ça ? Pour faire de la cocaïne. Voilà la coca. Les feuilles de coca. C'est pour cette plante que les gens se battent. Certains rêvent de la voir disparaître. Elle coûte la vie à beaucoup de gens. Moi, je ne veux pas qu'elle disparaisse. De quoi vivrait les gens ? Qu'est-ce qu'on deviendrait, nous, les cultivateurs de coca ? Alex, dépêche-toi. On travaille et toi, tu mâches de la coca. Je cueille de la coca depuis que j'ai sept ans. 36, 37... 38 livres. 6... Je n'ai même pas 6 livres. La cocaïne est fabriquée à partir de cette feuille. Si le trafic de cocaïne venait à disparaître, El Chapare deviendrait un village fantôme. J'ai six frères. Mon frère aîné s'appelle Hernan. Moi, je suis la deuxième. Cela faisait un an que mon frère et moi vivions en ville pour aller au lycée. Hernan et moi, on rêvait de monter notre groupe de musique. Il voulait acheter une batterie. Mais il n'avait pas assez d'argent. Et mon papa ne voulait pas lui en donner. Un jour, il m'a appelée pour me dire qu'il avait été arrêté. Les passagers à destination de Buenos Aires, Argentine ! Départ immédiat. Mon frère a transporté deux kilos de cocaïne. PRISON DE SAN SEBASTIAN Quand ils ont ouvert les portes et que je suis entré, j'ai été pris de panique et je me suis mis à trembler. Il y avait du monde partout. Vous assistez au bizutage des nouveaux détenus, une tradition qui a lieu dans toutes les prisons de Bolivie. On m'a bizuté en m'aspergeant de peinture et aussi d'urine, qu'on m'a forcé à avaler. J'ai pleuré pendant des semaines, un mois entier même ! Je ne pouvais pas m'arrêter. Je ne savais pas qu'il était parti pour passer de la drogue. On l'avait envoyé en ville pour qu'il fasse des études. Je ne savais rien de tout ça. Aujourd'hui, il est en prison. On peut pleurer, crier, hurler autant qu'on veut, ça ne changera rien. - Ce qui est fait est fait. - Exactement. Rien n'est gratuit, ici. Les détenus doivent même acheter leur cellule. CELLULE A VENDRE GRANDE ET CONFORTABLE, AVEC TELE ET VUE SUR LA MER Ceux qui ne peuvent pas en acheter dorment dans les couloirs. Mais c'est dangereux. Les caïds de la prison s'en prennent à eux. Ils leur font subir toutes sortes de choses. La nuit dernière, il y a eu un meurtre. Un des prisonniers a été assassiné à l'arme blanche. Il était censé être libéré le lendemain. On est entré dans sa cellule et on lui a tranché la gorge. J'ai vu le cadavre. C'était blanc au niveau de la gorge. La plaie était béante et le sang coulait à flots. Il y en avait partout. Un homme est venu me parler. Il m'a dit d'être patient et de rester tranquille. De parler avec les gens, de me faire des amis. Il s'appelle Mario. On ne se connaissait pas avant. On est devenus amis ici. On ne s'était jamais vus. Tout ce que je sais de lui, c'est ce qu'il veut bien me dire. - Et la prison de la frontière ? - Quoi ? - Tu y es resté combien de temps ? - Quatre. Quatre mois ? - Et ici ? - Un mois. Donc ça fait cinq mois au total. Hernan m'a poussée à faire des études. Pour qu'au moins un membre de la famille soit diplômé. Les premiers mois, il me manquait énormément. Après son arrestation en avril, mes notes ont chuté. Je suis la seule à lui rendre visite, mes parents habitent trop loin d'ici. <i>Hernan Torrez. Porte principale.</i> <i>Vous avez de la visite.</i> <i>Hernan Torrez,</i> <i>à la porte principale.</i> Je m'attendais à voir une prison comme dans les films. Mais personne ne porte d'uniforme et personne n'est enfermé. Les enfants vivent avec leurs parents dans la prison. La première fois qu'il m'a appelée, je ne savais pas quoi faire, comme si le monde s'était écroulé. J'avais l'impression que ma vie était fichue. J'avais peur, je ne voulais appeler personne. Je ne voulais pas en parler. - Personne ne savait rien. - Non, personne. Ni mon père, ni ma mère. J'étais la seule au courant. Notre père a pleuré. Il a beaucoup pleuré. Je lui ai demandé ce qu'on pouvait faire. Je lui disais d'arrêter de pleurer, mais ça ne servait à rien. J'aurais mieux fait d'appeler papa, il se serait fâché et m'aurait dit de rentrer tout de suite. Pourquoi on se disputait ? Je ne sais plus, les gamins se disputent pour rien. Il grimpait aux arbres et je le poursuivais avec un bâton. - On rigolait ensuite. - Il essayait de s'échapper. Quand elle vient souvent, ça va. Mais quand elle ne vient pas, ça me rend triste. Je suis triste qu'il soit enfermé. Il ne fait pas d'études, il passe à côté de sa vie. Il est coincé, il ne va pas sortir de si tôt. Il est bel et bien coincé. S'il n'est pas blanchi, il va y rester encore un moment. Le souci, c'est que cet homme n'a pas d'avenir. Mon père m'a envoyé de l'argent pour acheter une cellule à Hernan. Je voulais acheter une cellule à côté de la sienne, mais je n'ai rien trouvé. Aucune n'avait de fenêtre comme celle-ci. Ça ne me plaisait pas. Je vais la repeindre en bleu. Et remplacer le sol. Je la revendrai. Elle coûtait combien ? Ma cellule ? 2 100 dollars. - Tu as payé ? - Oui. - Ta soeur t'a apporté l'argent ? - Oui. - Daisy ? - Oui, ma soeur. Il s'est comporté comme un gamin, il a voulu faire comme dans les films. J'ai toujours aimé la musique. Je rêve d'un jour devenir un musicien célèbre. Que le monde entier sache qui je suis. Je suis un des prisonniers de la prison de San Sebastian, dans la ville de Cochabamba. Je suis accusé d'avoir fabriqué de la cocaïne. J'étais un ouvrier "pisa coca" et j'ai été arrêté par les policiers de la lutte anti-drogue, qui sont surnommés les Léopards. Ils m'ont surpris sur mon lieu de travail. J'étais chargé de broyer la coca et d'y ajouter de l'eau et de la chaux. - A quoi ça servait ? - A la ramollir. La rendre bien molle. On parle des feuilles de coca ? Oui, des feuilles moulues. Le résultat est le même que quand on les mâche, sauf que c'est le broyeur qui fait le travail. C'est comme ça qu'on fabrique la poudre. Qu'on transforme les feuilles en cocaïne. L... O... P... Violeta et Dan venaient tous les jours nous donner des cours d'anglais. On racontait notre vie devant la caméra, chacun racontait son histoire. On recommence ! Un, deux, trois, c'est parti. A... - B... - C... J... K... J... Non, tu t'es trompé. Sur le banc des accusés ! Ça y est, ça tourne. Ils nous ont donné des caméras pour qu'on puisse filmer notre vie au quotidien. - Est-ce que ça marche ? - Oui, ça fonctionne. Tu filmes, là ? A quoi sert ce bouton, de nouveau ? - A prendre des photos ? - Oui, c'est ça. Les boutons, c'est pour allumer, pour zoomer et pour filmer. - Tu enregistres, là ? - Non, pas encore. - Je t'ai dit de commencer à filmer. - D'accord. C'est bon, ça fonctionne. On se filme mutuellement. Je vais tout filmer. Là, vous voyez la porte, ma valise... Mon sac d'or... Quoi d'autre ? On te voit, toi. Très bien, Mario. Un vrai professionnel, non ? Les policiers sont là de 7h à 19h. Ils font l'appel pour vérifier que tout le monde est là. Ensuite, ils vont à leur poste et ils nous surveillent depuis le toit. Joyeux anniversaire, Hernan ! Merci. Tous nos voeux ! Tu me manques, Hernan ! Quand est-ce que tu rentres ? Dans un an peut-être. Amuse-toi bien ! J'ai de la peine pour Hernan, il est tellement jeune. Il me fait penser à mes enfants. Il manque quelque chose. Un bon morceau de viande. Ma femme et mes quatre enfants sont à Sucre. Un billet de car jusqu'ici coûte 70 bolivianos, 8 euros. Ma femme travaille comme femme de ménage. Ils n'ont pas assez d'argent pour venir. En plus, c'est 9 heures de trajet. Et ça coûte trop cher de leur téléphoner. Un seul appel coûte environ 20 bolivianos, 2 euros. Je ne les appelle jamais. Je n'ai pas assez d'argent pour ça. Je n'avais pas de quoi payer un avocat, alors j'ai accepté de prendre Me Miriam, elle travaille gratuitement. Vous pouvez m'expliquer le dossier de Mario ? Il a été pris en flagrant délit. Sa peine sera au minimum de 8 ans. Les personnes à la tête des réseaux ont plus d'argent et ne se font pas prendre. Ils promettent à leurs petites mains de les faire sortir. Je me souviens, un de mes clients a pu sortir de prison comme ça. La patronne a mis la main au portefeuille. Elle a payé sa caution et a rassemblé tous les papiers nécessaires. Elle a mis l'argent sur la table et le détenu a été libéré. Pourquoi n'a-t-elle pas aidé Mario ? Je ne sais pas vraiment. Mario n'était pas un employé de longue date, il n'avait pas d'expérience. Mario a dit que c'était son premier jour de travail, quand il s'est fait arrêter. C'est possible. S'il avait travaillé pour eux depuis longtemps, ils l'auraient sans doute aidé. Comment tu te sens ? Ton procès, c'est aujourd'hui. Je n'ai pas beaucoup d'espoir. Mario Bernal, à la porte principale. Vous êtes attendu au tribunal. J'arrive tout de suite ! Mario Bernal ! Tiens, voilà le cadenas. N'oublie pas de le mettre. A plus tard, mon pote. Comment s'est passé le procès ? Mal, très mal. - Pourquoi ? - Il a encore été reporté. - Ah bon ? - Je t'assure. Je vais passer mes vieux jours en prison. Mes enfants sont livrés à eux-mêmes, je n'ai aucune nouvelle d'eux. Je ne sais pas ce que devient ma famille. Je ne les vois qu'en rêve. J'ai rêvé que je revoyais ma fille cadette.... Les policiers ont surpris Hernan en train de me filmer. Ils lui ont confisqué sa caméra et ils l'ont mis en cellule d'isolement. Mon frère m'a dit qu'il avait été mis à l'isolement, qu'il avait froid, qu'il n'avait plus rien, qu'on lui avait tout pris, même ses vêtements. Le temps passe très lentement, là-bas. Je n'avais droit à aucune visite et je ne voulais parler à personne. J'avais l'impression que j'allais y rester. Que tout était fichu. Que ma vie était finie. Il pensait que ce serait facile de transporter la cocaïne jusqu'à la frontière en échange d'argent. Hernan a dit que son patron était là au moment de son arrestation. Qu'il lui a même fait un clin d'oeil. Il pensait qu'il allait le faire sortir de prison. - Allô ? - Don Carlos ? Qui est à l'appareil ? C'est Daisy. Qu'est-ce qui t'arrive ? J'aimerais que vous m'aidiez à sortir mon frère de prison. Je n'ai pas d'argent pour aider ton frère. C'est votre responsabilité de le faire sortir. Non, c'est sa responsabilité. C'est lui a décidé de faire ce boulot Moi, je lui ai permis de le faire. Mais c'est vous qui êtes venu le chercher. Il a accepté de plein gré, je ne l'ai forcé à rien. Je ne suis pas responsable de sa décision. La seule solution si tu veux l'aider, c'est de passer de la drogue en Argentine. Si tu te décides à le faire, préviens-moi. Bonsoir. Vous lisez dans la coca ou dans les cartes ? Vous devez être très prudente. Vous prévoyez quelque chose. Regardez. Faites très attention. Je vois un obstacle sur votre chemin. J'en suis certaine. - Votre nom ? - Rocio. - Rocio comment ? - Quispe. REPUBLIQUE ARGENTINE FRONTIERE INTERNATIONALE J'étais morte de trouille pendant le voyage. A chaque fois que je croisais quelqu'un, j'avais peur que ce soit la police. J'ai passé la frontière à pied. J'ai donné toute la marchandise au patron et c'était fini. Et puis j'ai fait demi-tour. J'ai fait ça pour qu'il aide mon frère à sortir de prison. Salut, Mario. - Comment ça va, mon pote ? - Bien. Mario, à quelle heure tu te lèves pour nettoyer la prison ? A 4h45 ou 5h du matin. Tous les matins, sans exception. Quand je suis arrivé ici, il y avait 180 détenus. Aujourd'hui, il y en a 600. Et on dirait des gamins. Ils jettent leurs déchets partout, à longueur de journée. Vous saviez écrire en arrivant ici ? Un tout petit peu. Mais j'étais très mauvais en orthographe. Tout ce que je savais écrire, c'était mon nom. Et encore... Personne ne vient me voir, ma famille est loin, je n'ai pas d'argent. Il faut bien que je trouve le moyen de gagner ma vie, alors je travaille et j'étudie. Ce qui me plaît dans l'histoire de Mario, c'est qu'elle illustre bien les faiblesses du système actuel. Derrière ce petit clan composé de gens vulnérables, sont dissimulés des intérêts bien plus importants. PALAIS DE JUSTICE DISTRICT DE COCHABAMBA Qu'est-ce qui se passe ? Tout ce que je sais, c'est que l'audience est suspendue. Mais je ne sais pas pour quelle raison. On devrait en savoir plus dans quelques minutes. C'est la 5e fois que le procès est suspendu. Cela arrive tous les jours que des procès soient reportés pour des raisons futiles. La liste des procès en cours s'allonge et un accusé, coupable ou innocent, peut attendre trois ans avant d'être jugé. Si on voit que la police ou le procureur ont leur part de responsabilité, on a l'obligation de les dénoncer. Qui est dans le collimateur du Ministère Public ? Les micro-producteurs ou les micro-narcotrafiquants. Et qu'en est-il des gros poissons ? S'ils ne se font jamais prendre, c'est que quelqu'un les protège. C'est moi, sur la photo. "Plus de 70 000 procès sont en attente. "Mario fait partie des 600 détenus qui vivent actuellement dans la prison de San Sebastian. Il attend d'être jugé et est depuis 33 mois derrière les barreaux. La détention provisoire est aujourd'hui un passage obligé, surtout pour les individus les plus pauvres. Les plus aisés ont plus de chance de sortir de prison rapidement." C'est tout. Une nuit, j'ai rêvé que je m'échappais. Je partais à toute vitesse sur une moto, la police était à mes trousses et me tirait dessus. J'ai aussi traversé un fleuve à la nage. - C'était un rêve ? - Oui. J'ai continué à vélo. Et puis je me suis réveillé. Je me suis dit que je n'étais pas près de sortir. Quand on rêve de liberté, c'est pas bon signe. J'essaie de relativiser. De toute façon, je ne peux rien faire. Je pensais que son patron l'aiderait, qu'il ferait tout pour le faire sortir de prison. Mais il ne s'est rien passé. Je ne vois qu'une façon d'aider ton frère. Je voudrais savoir si tu connais l'homme qui a fourni la drogue à ton frère. Oui, je le connais. Est-ce qu'il t'a proposé de travailler pour lui ? Je suis avocat, pas policier. Alors n'aie pas peur. Voilà mon idée, le procureur pourrait nous aider à tendre un piège à cet homme. La police te surveillerait et verrait l'homme te donner de la drogue. Il l'arrêterait et le mettrait en prison. A toi, il ne t'arriverait rien. Je ne crois pas qu'il me ferait confiance. J'ai déjà discuté avec lui, et ça ne marcherait pas. C'est facile, il suffit de dire : "Donnez-moi de la drogue, j'ai besoin d'argent pour faire sortir mon frère de prison." De cette façon, on pourrait aider ton frère à sortir. La décision est entre tes mains. J'avais envie de dénoncer cet homme pour qu'il aille lui aussi en prison. Mais il était introuvable, il se cachait. On m'a dit que ça faisait un mois qu'il était parti. Si je l'avais trouvé, j'aurais essayé de le piéger. Mon patron m'a dit que... Qu'est-ce qu'il t'a dit ? Que ma soeur voulait le dénoncer. Il t'a dit ça ? Je n'ai pas encore eu l'occasion d'en discuter avec elle. - Ce n'est pas bon pour moi. - Pourquoi ? Elle ne devrait pas le dénoncer. Pour quelle raison ? Parce que... Tu ne crois pas qu'elle a raison ? De vouloir le dénoncer ? Elle se dit : "Mon frère a des ennuis, pas lui." C'est vrai qu'elle a raison, mais je ne vais pas rester enfermé toute ma vie. Mon patron va m'aider quand je sortirai. - Tu le crois vraiment ? - Oui. J'irai le voir en sortant et on discutera. On trouvera un arrangement et il me soutiendra. Pourquoi il ne t'aide pas déjà ? C'est à moi d'aller lui parler, pas à ma soeur. Mais là, il ne fait rien pour toi. Une fois que je serai sorti, il me donnera un coup de main. J'ai eu beaucoup de dossiers de jeunes hommes âgés entre 18 et 20 ans qui se sont fait prendre et qui finissent en prison. Ils ont peur, ils sont jeunes et leurs chefs leur promettent qu'ils feront tout pour les faire sortir. Mais ils s'en fichent totalement d'eux. A combien s'élevaient les gains ? Une centaine de dollars. C'était pas grand-chose. Ou peut-être 200. Tu te rends compte ? Huit ans de prison pour gagner 100 dollars ? Une fois que la drogue est en Argentine, ce qu'on achète 1 500 dollars ici se revend 15 000 là-bas. Et ils paient leurs passeurs 100 dollars. Qui prend tous les risques ? La personne qui transporte la drogue. Notre avocat nous a proposé une autre solution. Aller voir la police pour dénoncer le patron, dire que le vrai coupable, c'est lui, et ouvrir un nouveau dossier. Il faudrait que la police l'arrête avec de la drogue sur lui. Admettons qu'on réussisse à attraper le trafiquant de drogue. Il sera arrêté et mis en prison. Mais ça n'aidera en rien ton frère. Ton frère a déjà été jugé. Il était le seul accusé lors du procès. Cela ne servirait à rien. Fais un voeu pour l'année à venir. Mon seul voeu, c'est sortir d'ici. J'ai reproduit le costume traditionnel de mon village. Et il y a aussi un pantalon qui va avec. Qu'a dit votre avocate ? Elle m'a dit qu'il n'y a pas grand-chose à faire, à part attendre mon procès. Elle m'a promis qu'elle fera tout son possible. J'ai été étonné que mon avocate vienne me voir en prison. Je vais vous conseiller ce qu'il faut dire ou pas au procès. Si c'est pour se contredire, mieux vaut ne faire aucune déclaration. Vous avez fait une déclaration ? Oui, mais uniquement ce qu'on m'avait dit de dire. Quand vous affirmez être innocent, il faut prouver que vous ne saviez pas ce que vous faisiez, que vous faisiez ça pour nourrir votre famille. La patronne ne vous a pas parlé de moi ? Je ne la connais pas. Ah bon ? On va essayer d'avoir la peine minimal, à savoir trois ans. Décris-moi ta patronne, Mario. C'est une métisse qui porte un costume traditionnel. Ces gens-là rejettent toute la faute sur les autres mais eux, ils sont libres. C'est comme ça. C'est peut-être eux qui t'ont dénoncé ? Peut-être, je n'en sais rien. Impossible de le savoir. Je n'en ai aucune idée. Selon toi, ton avocate est dans ton camp ou dans celui de ta patronne ? J'ai demandé à Daisy de me présenter son avocat. Si vous êtes jugé comme un "pisa coca", vous avez des chances d'être libéré. La loi est très claire à ce sujet. Voilà ce que dit l'article 47. C'est précisé dans la partie sur la fabrication de cocaïne. "Les personnes chargées de la macération de la coca, surnommées les "pisa cocas", seront condamnées à une peine de prison allant d'un à deux ans, et à des travaux forcés allant de 200 à 500 jours, si et seulement si elles collaborent à l'enquête et aident à capturer les responsables." Vous devez aider la police à capturer votre patronne. Elle n'est pas en prison, on le sait. Donc la première chose à faire, c'est de le déclarer lors du procès. Le plus important, Mario, c'est de dire la vérité. Bonjour, Maître. C'est Mario Bernal. Je sais que vous connaissez bien la dame, mon ancienne patronne. Le procès va avoir lieu dans quelques jours et j'aimerais que vous lui passiez un message. Dites-lui bien que si elle ne m'aide pas, je vais la dénoncer, elle et ses complices. Quitte à mettre ma vie en danger, mais je vais tous les dénoncer. M. Mario Bernal, qu'avez-vous à dire pour votre défense ? Je dirai la vérité, car elle seule me rendra ma liberté. Je voudrais reparler du jour où je me suis fait arrêter. Je travaillais... J'aimerais compléter ma déclaration. Pense à l'avenir de tes enfants, ça te donnera de la force et du courage pour parler devant la Cour. Si tu veux revoir tes enfants, il faut que tu parles. S'il parle, ils vont vouloir se venger et le tuer. Ils peuvent payer quelqu'un pour le tuer le jour de sa sortie. Tout ce que je vais dire est la stricte vérité. Je sais que seule la vérité me rendra ma liberté. Je me baladais dans le marché à Cliza, à la recherche d'un travail. Une voiture de couleur verte s'est approchée de moi. Les gens m'ont proposé du travail et j'ai accepté. Je me souviens d'un homme qui versait de l'eau et de la chaux dans un tonneau. Dans une autre pièce, on broyait les feuilles de coca. J'avais été mis à ce poste. La police a débarqué et nous a arrêtés. "Qui sont les ouvriers ? Qui sont les patrons ? "Si vous parlez, on vous laissera partir." Ils pointaient leur arme sur nous. Un des gars présent ce jour-là m'a dit : "Surtout, ne dis rien, la patronne est de ma famille, c'est ma cousine germaine." Personne n'a rien osé dire. Et moi non plus. J'avais peur, j'ai fait ce qu'ils m'ont dit et je n'ai pas dénoncé la patronne. Quand je suis arrivé en prison, la femme qui m'a employée est venue me dire que j'avais bien fait de ne rien dire. Les accusés sont condamnés à cinq ans de prison ferme, peine qu'ils purgeront à la prison de San Sebastian. On a tous les deux eu une peine de cinq ans. Mais la bonne nouvelle dans tout ça, c'est que je suis là depuis trois ans. Je peux donc espérer une réduction de peine. La liberté n'est plus si loin pour moi. Comme les autres condamnés ont fait appel, on m'a accordé la possibilité d'être libéré sous caution. Je ne sais pas où trouver 1 000 dollars pour payer ma caution. Il faut que j'en parle à Hernan. Son père m'aidera peut-être. - Tu irais à El Chapare? - Comment ? - Tu irais à El Chapare ? - Oui, pourquoi pas. Pour travailler. On paierait ta caution et tu irais travailler avec notre père. Tu accepterais d'aider notre père ? Oui. Je suis prêt à tout pour sortir de cette prison. Tu travailleras sur nos terres. - Tu resteras dans le même domaine. - Tu planteras de la coca. - Ça va être super. - Une fabrique de cocaïne. Tu récolteras la coca et tu en feras de la drogue. On lui fait peur. Salut, les jeunes. Salut, Mario. - Ta caution a été réglée ? - Oui. Aujourd'hui. - Qu'est-ce qui manque ? - Mes papiers de sortie. Ils peuvent arriver aujourd'hui ou demain. Tout dépend du tribunal. Oui, tu as raison. Ce sont toutes les affaires que tu as accumulées ici ? Oui, j'ai amassé tout ça en trois ans de prison. Hernan m'a dit de ne pas m'inquiéter. Je lui ai dit que je travaillerai pour ses proches, que je les traiterai comme ma propre famille, en remerciement de ce qu'ils font pour moi. Je l'ai remercié lui aussi et il était au bord des larmes. - C'est pour combien de personnes ? - 15. Celui-là suffira. L'autre est pour 30 personnes. Bon anniversaire, mon frère. Va lui souhaiter un joyeux anniversaire. C'est le moment de chanter. Mes petits frères voulaient faire partie de mon groupe de musique. Je voulais leur apprendre à jouer et leur acheter à chacun une guitare, un synthé ou une batterie. Moi, je veux un gros bout comme ça. Je voulais leur apprendre la musique. Je n'avais pas assez d'argent, c'est pour ça que j'ai fait ça. Je n'ai pas réfléchi, je pensais que tout allait bien se passer. Mon rêve ne s'est pas réalisé. Vous vous insurgez à cause de la surpopulation carcérale. Oui, il y a trop de détenus. C'est une petite prison qui accueille actuellement environ 700 prisonniers. Pour vous donner une idée, il n'y a que huit toilettes pour 700 détenus. Couvrez vos visages, ce sera plus intimidant. L'INSURRECTION CONTINUE AU SEIN DES PRISONS Le président Evo Morales a accepté d'accorder la grâce à certains détenus. La proposition doit être validée par le Parlement. Ce matin, le président Evo Morales a approuvé le décret présidentiel 1445 qui vise à gracier les personnes privées de leur liberté. Cette mesure a pour objectif de réduire la surpopulation dans les établissements carcéraux. Cette grâce ne concernera pas les prisonniers les plus dangereux. Beaucoup de gens n'ont malheureusement pas la chance de bénéficier d'une aide juridique et finissent en prison. Grâce au décret présidentiel, ces gens pourront retrouver leur liberté avant les fêtes de fin d'année. Dehors à Noël ! Tu sortiras peut-être le jour de Noël. On verra bien. Si ça arrive, c'est génial. Sinon, qu'est-ce qu'on peut y faire ? LES DEMANDES DE GRACE SONT OUVERTES. - C'est pour Hernan ? - Oui. Ils ont demandé une photocopie de sa carte d'identité. Ceux qui figurent sur la liste doivent avoir un dossier informatisé. Ils seront tous passés en revue. Et pour le certificat de travail ? C'est bon, on s'en occupe. Quand est-ce qu'il pourra sortir ? La commission va étudier tous les dossiers et déterminera ensuite qui sera libéré. Il va falloir attendre que la commission rende sa décision. Merci. Au revoir. Torrez Vargas Daisy, 60%. Admise. A tous ceux qui ont réussi leur examen, bienvenue dans la section d'ingénierie de l'université. Qui est venu te voir ? Un homme de l'administration pénitentiaire. J'oublie toujours son nom. Qu'est-ce qu'il t'a dit ? Il m'a félicité. Pourquoi ? Parce que ma demande a été acceptée. Je vais sortir d'ici. Il va enfin pouvoir quitter cet enfer. Voilà ma petite monnaie. Tu vas en faire quoi ? Je vais la jeter. Quand ? Dès que je sortirai. Quand on me dira de sortir, je balancerai tout. Tu vas sortir avec ta boîte ? Je la coincerai sous le bras. Tu y mettras du coeur. Ah oui, tout mon coeur même ! Tu sortiras le coeur léger ? Oui, très léger. Tu reviendras nous voir ? Si tu ne reviens pas, je te passe un savon. Je vais être honnête, je ne reviendrai pas. Prêt pour le savon ? Je ne reviendrai pas. J'ai passé trop de temps ici. J'ai vendu la cellule, vous avez 15 jours pour bouger vos affaires. Finalement, peu de détenus ont été graciés. Mais mon frère a eu cette chance. Hernan travaille avec son père dans les champs de coca. Il rêve toujours de monter son groupe de musique. Daisy est la première diplômée de son village. Elle aspire à créer son entreprise de culture de fleurs. Mario a retrouvé ses enfants. Il travaille en tant qu'ouvrier pour pouvoir leur offrir des études. Traduction et adaptation : Céline Bastian Sous-titrage : SEPPIA

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Duration: 1 hour, 15 minutes and 35 seconds
Country:
Language: English
License: Dotsub - Standard License
Genre: None
Views: 13
Posted by: danielfallshaw on Feb 13, 2018

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