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04 In Bruges

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<i>"Quittez Londres, maudits cons.</i> <i>"Allez à Bruges."</i> <i>Je ne savais même pas où était Bruges.</i> <i>C'est en Belgique.</i> <i>- Bruges est merdique.</i> <i>- C'est faux.</i> <i>Bruges est merdique.</i> <i>Ray, on vient juste de descendre du train.</i> <i>Peut-on attendre de voir Bruges</i> <i>avant de la juger ?</i> <i>Je sais que ce sera merdique.</i> Merdique. Vous avez des chambres réservées aux noms de Cranham et de Blakely ? Oui. Non, on a une chambre réservée. Une chambre à deux lits. Réservée pour deux semaines. Deux semaines ! - Avez-vous une autre chambre ? - Non, tout est réservé. C'est Noël, il ne reste plus de place nulle part. D'accord. C'est très joli. - Sans blague, on ne peut pas rester ici. - Il faut attendre son appel. - S'il n'appelle pas durant 2 semaines ? - On restera 2 semaines. Deux semaines ? À Bruges de merde ? Dans une chambre comme celle-ci ? Avec toi ? Pas question ! - Ray, je n'aime pas dire ça... - Dire quoi ? Eh bien... Tu sais ? Tu parles de ça. Trouves-tu ça bien ? Quoi ? De se promener en bateau et de regarder des trucs. Oui. Ça s'appelle du tourisme. Oh ! Regarde. C'est un ancien hôpital. Des années 1100. Bruges est la ville médiévale la mieux conservée de toute la Belgique, apparemment. - Tu montes ? - Qu'y a-t-il là-haut ? La vue. La vue de quoi ? La vue d'ici ? Je peux voir ça d'ici. Ray, tu es le pire touriste du monde. Ken, j'ai grandi à Dublin. J'adore Dublin. Si j'avais grandi sur une ferme et que j'étais idiot, Bruges me plairait. Ce n'est pas le cas, donc ça ne me plait pas. J'essaie de me débarrasser de ma monnaie. 3. 3,50. 4. 4,10. 4,20. 4,30. 4,40. 4,50. 4,60. 4,70. 4,80. 4,90. Vous pouvez prendre 4,90 ? L'entrée coûte 5 euros. - Allez, il ne manque que 10 cents. - C'est 5 euros. - Vous êtes heureux au travail ? - Très heureux. J'aime cet endroit. Vous êtes allé au sommet de la tour ? Oui. C'est nul. Vraiment ? Selon le guide, c'est un truc à ne pas manquer. - Votre groupe n'ira pas là-haut. - Pardon ? Pourquoi ? Les escaliers sont très étroits. Je suis sérieux. Qu'essayez-vous de dire ? Ce que j'essaie de dire ? Vous êtes un tas d'éléphants ! Espèce de... Allez, arrête, le gros. Vous êtes vraiment impoli ! Vraiment impoli ! Que s'est-il passé ? Ils ne vont pas là-haut. Hé ! Vous ne devriez pas monter là-haut. C'est très étroit. Allez vous faire foutre ! Des Américains. Voilà qui est mieux. Des vacances convenables. Une bière gaie pour mon ami gai, une bière normale pour moi, car je suis normal. C'est ça, la vie. On fait du tourisme, comme il a dit, et on attend son appel et ses instructions. Voici ce qu'on devrait faire. On attend une autre journée ou deux. Puis on vérifie les journaux, et s'il n'y a rien, on l'appelle et on dit : "Harry, merci pour le voyage à Bruges, "c'était très bien, les vieux immeubles et tout, "mais on revient à Londres se cacher dans un pays convenable "où il n'y a pas que des maudits chocolats." On devrait faire du tourisme tranquillement, comme il a dit, et attendre son appel et ses instructions. Tu ne sais même pas si on est ici pour se cacher. De quoi parles-tu ? Tu ne sais même pas si on est ici pour un travail. - Pour un travail ? - Oui. - Ici, à Bruges ? - Oui. - Ici, à Bruges, pour un travail ? - Oui. - Pourquoi ? Qu'a-t-il dit ? - Il n'a rien dit. - Alors pourquoi crois-tu cela ? - Je ne crois rien. Mais c'est un peu trop élaboré, pas vrai ? "Emmène-le se cacher." "Se cacher où ?" "Emmène-le se cacher à Bruges de merde." On peut se cacher à Croydon. Ou à Coventry. C'est un peu trop élaboré, en effet. - Mais on n'a pas de revolver. - Harry peut nous en trouver n'importe où. Il n'appellera pas ce soir. Il n'appellera pas ce soir. Sortons. - Où ? - Au pub. Non ! Allons voir des... De vieux immeubles médiévaux. Je parie qu'ils sont encore plus beaux la nuit, illuminés. Oui ! Ça s'appelle le musée Gruuthuse. - Ils ont tous de drôles de noms, pas vrai ? - Oui, des noms flamands. Il est écrit : "Les Belges ont caché deux fois des fugitifs, "des rois anglais qu'on voulait tuer, en 1471 et en 1651." J'ai toujours détesté l'histoire, pas toi ? C'est juste des trucs qui sont déjà arrivés. Que font-ils là-bas ? Ils filment quelque chose. Ils filment des nains ! Ray ! Dans cette scène, tu es censé marcher comme une toute petite souris. D'accord ? Super. Ray, allons-y. "Allons-y", mon cul. Ils filment des nains. Oh ! Mon Dieu ! Regarde cette fille. Elle est superbe ! - Ray, on s'en va tout de suite. - Pas question ! C'est ce que j'ai vu de mieux à Bruges. Toi et tes immeubles. Salut. - Parles-tu anglais ? - Non. Oui. Tout le monde parle anglais. Pourquoi filmez-vous des nains ? C'est un film néerlandais. C'est une séquence de rêve. C'est un pastiche de <i>Don't Look Now</i>, de Nicholas Roeg. Pas un pastiche, mais un... Un "hommage" est trop fort. Un "clin d'œil" ? Ouah ! Ton anglais est excellent. Beaucoup de nains se suicident. Un nombre disproportionné d'entre eux. Hervé Villechaize, qui jouait dans <i>Fantasy Island</i>. Et quelqu'un qui jouait dans <i>The Time Bandits</i>, je crois. Ils doivent être vraiment tristes d'être petits. On les regarde et on se moque d'eux. On les insulte. "Ti-cul." J'en oublie un, un autre nain célèbre. Ce n'est pas R2-D2. Non, il existe toujours. J'espère que ton nain ne se tuera pas. Ta séquence de rêve sera foutue. Il n'aime pas être appelé un nain. Il préfère "nabot". C'est exactement ce que je veux dire ! On les appelle des nains plutôt que des nabots. Il y a de quoi se tirer une balle dans la tête ! - Je m'appelle Ray. Et toi ? - Chloé. Comment as-tu déjoué la sécurité ? C'est mon travail, en quelque sorte. - Tu es voleur à l'étalage ? - Non. Mais elle est bonne. Non. Je te dirai ce que je suis demain soir, au souper. Merde. Cool. M. Blakely ? Oui. Non, M. Cranham. Non. Oui. M. Blakely. Oui. Vous avez un message. Merde ! <i>D'abord, pourquoi n'êtes-vous pas là</i> <i>comme je vous l'ai demandé ?</i> <i>Et pourquoi cet hôtel n'a pas</i> <i>de téléphone avec une boîte vocale,</i> <i>et je dois laisser des messages</i> <i>à la réceptionniste ?</i> <i>Enfin, vous avez intérêt à être là demain</i> <i>quand je rappellerai,</i> <i>sinon ça va coûter cher,</i> <i>je vous le dis. Harry.</i> Je ne suis pas la réceptionniste, je suis la copropriétaire avec mon mari, Patrice. - Marie Veux-tu éteindre, merde ! Désolé, Ken. Ne fais pas de bruit ! Quelqu'un est de mauvaise humeur. Tu ne devineras jamais. Vas-tu te la fermer et te coucher ? Oh ! Désolé. Mais je dois enlever mes verres de contact. En tout, j'ai pris cinq demi-litres de bière et six bouteilles. Non. Six demi-litres de bière et sept bouteilles. Et tu sais quoi ? Je ne suis même pas soûl ! Tu ne devineras jamais, Ken. - Ken, tu ne devineras jamais. - Quoi ? - J'ai un rendez-vous demain soir. - Ravi pour toi. - Avec une fille. - Peux-tu éteindre, s'il te plaît ? Une seule journée à Bruges, et j'ai déjà rendez-vous avec une fille dans l'industrie du film belge. Ils font un film sur un nain. Madame ? Marie ? Désolé pour le message d'hier soir. L'homme qui l'a laissé est un peu... Eh bien, il est un peu... Con ? Oui. Il est un peu con. Bonjour. Harry a appelé hier soir. On l'a manqué. Bon sang, il jure beaucoup, pas vrai ? On ne sort pas ce soir. Quoi qu'il arrive. Sauf que... Sauf que "hum" quoi ? Sauf qu'un seul de nous deux doit rester. Et qui ce serait ? - Je croyais que tu n'aimais pas Bruges. - Exact, Bruges est merdique. Mais je t'ai déjà dit que j'ai rendez-vous avec une Belge dans l'industrie du cinéma belge, et je t'en ai déjà parlé. Évite les ennuis. On doit rester discrets. Ce matin et cet après-midi, on fera ce que je veux. - Compris ? - Bien sûr. Et bien sûr, ce sera culturel. On tentera de trouver un équilibre entre la culture et le divertissement. J'ai l'impression que ça penchera plutôt du côté de la culture. Comme quand on a une grosse Noire attardée d'un côté sur une bascule, et de l'autre côté, un nain. Ray, ne s'est-on pas entendus sur le fait que si je te laissais sortir ce soir, on ferait ce que je veux aujourd'hui ? On fait ce que tu veux aujourd'hui. Et qu'on le ferait sans que tu fasses une crise comme un gars de cinq ans qui a échappé ses bonbons ? On ne s'est pas entendus là-dessus. Je vais être joyeux, d'accord. Là, sur l'autel du haut, il y a une fiole rapportée par un cavalier flamand des Croisades en Terre Sainte. Et cette fiole, sais-tu ce qu'on dit qu'elle contient ? Non, quoi ? On dit qu'elle contient des gouttes du sang de Jésus. C'est de là que vient le nom de cette église. La basilique du Saint-Sang. Oui. Oui. Ce sang est séché, mais plusieurs fois au cours des années, il serait redevenu liquide. Le sang séché serait redevenu liquide. À différentes époques de grandes tensions. - Oui ? - Oui. Alors je vais monter faire la file et y toucher, car c'est ce qu'on fait. - Oui ? - Oui. Tu viens ? Je suis obligé ? Si tu es obligé ? Bien sûr que non. C'est le sang de Jésus, merde. Non, tu n'es pas obligé, merde ! Non, tu n'es pas obligé, merde ! Maudit con. <i>Un meurtre, mon père.</i> <i>Pourquoi as-tu tué quelqu'un, Raymond ?</i> Pour de l'argent, mon père. Pour de l'argent ? - Tu as tué quelqu'un pour de l'argent ? - Oui, mon père. Pas par colère, rien de personnel. Pour de l'argent. Qui as-tu tué pour de l'argent, Raymond ? Vous, mon père. Pardon ? J'ai dit : "Vous, mon père." Vous êtes sourd ? Harry Waters vous salue. Le petit garçon. 1. Avoir mauvaise humeur 2. Être mauvais en mathématiques. 3. Être triste. J'aime bien celui-ci. Tout le reste était gâché par des spasmes, mais celui-ci est bien. De quoi s'agit-il ? - C'est le jour du Jugement. - Oh ! Oui. - Et ça ? - C'est le dernier jour sur Terre. Les hommes seront jugés pour tous leurs crimes. Et on verra qui ira au paradis et qui ira en enfer ? Oui. - Et l'autre endroit ? - C'est le purgatoire. Le purgatoire ? Le purgatoire est en quelque sorte entre les deux. Pour ceux qui n'ont été ni vraiment méchants ni très bons. Comme Tottenham. Tu crois à tout ça, Ken ? Au sujet de Tottenham ? Le Jugement dernier et la vie après la mort. La culpabilité, les péchés, l'enfer et tout ça ? Je ne sais pas, Ray. J'ignore ce que je crois. Ce qu'on apprend dans l'enfance reste toujours en nous, pas vrai ? Je crois qu'il faut essayer de mener une bonne vie. S'il y a une vieille dame qui porte ses sacs d'épicerie jusqu'à chez elle, je ne l'aide pas à les porter, je ne vais pas jusque là, mais je tiens la porte ouverte pour elle et je la laisse sortir avant moi. De toute façon, si tu l'aidais avec ses sacs, elle croirait que tu essaies de la voler. - Exactement. - C'est le monde dans lequel on vit. En même temps que d'essayer de mener une bonne vie, je dois me réconcilier avec le fait que oui, j'ai tué des gens. Pas beaucoup de gens. La plupart d'entre eux n'étaient pas très gentils. Sauf une personne. - Qui ? - Ce gars, le frère de Danny Aliband. Il essayait juste de protéger son frère. Comme toi et moi le ferions. C'était juste un brigadier. Il m'a attaqué avec une bouteille. Que pouvais-je faire ? Je l'ai tué. D'après moi, désolé, mais si on m'attaque avec une bouteille, une arme mortelle, on doit en assumer les conséquences. Je le sais dans mon cœur. Mais il essayait juste de protéger son frère. Je sais. Mais la bouteille aurait pu te tuer. C'était lui ou toi. À mains nues, ce serait différent. Ça aurait été injuste. Techniquement, les mains peuvent tuer aussi. Elles peuvent tuer. Et s'il connaissait le karaté ? - Tu as dit qu'il était brigadier. - Il l'était. Pourquoi un brigadier connaîtrait-il le karaté ? Je dis ça comme ça. - Quel âge avait-il ? - Environ 50 ans. Comment un brigadier de 50 ans connaîtrait le karaté ? C'était quoi, un brigadier chinois ? Bon sang, Ken, j'essaie de parler de... Je sais de quoi tu essaies de parler. J'ai tué un petit garçon. Tu n'arrêtes pas de parler des brigadiers ! - Tu ne voulais pas tuer le petit garçon. - Je sais. Mais à cause de mes choix et de mes actions, un petit garçon n'est plus là. Et il ne reviendra jamais ici. Ici, dans le monde, je veux dire, pas ici, en Belgique. Il ne sera pas en Belgique non plus. Il aurait peut-être voulu venir ici, plus vieux. J'ignore pourquoi. Et tout ça est de ma faute. Il est mort à cause de moi. Et j'essaie de... J'essaie de me raisonner, mais je ne peux pas. J'aurai toujours tué ce petit garçon. Ça ne s'effacera jamais. Jamais. À moins que... À moins que je parte. Ne pense pas comme ça. Tu parais bien. Quelle importance, de toute façon ? - Alors que fais-tu, Raymond ? - Je tue des gens pour de l'argent. Quel genre de gens ? Des prêtres. Des enfants. Tu sais, la routine. Il y a beaucoup d'argent dans ce métier ? Pour les prêtres, oui. Pas pour les enfants. Que fais-tu, Chloé ? Je vends de la cocaïne et de l'héroïne à des équipes de tournage. Vraiment ? J'en ai l'air ? Oui, en fait. J'ai l'air de quelqu'un qui tue des gens ? Non. Juste des enfants. J'ai vu ton nain aujourd'hui. Le petit con ne m'a même pas salué. Il prend beaucoup de kétamine. Qu'est-ce que c'est ? Un tranquillisant pour chevaux. Un tranquillisant pour chevaux ? - Où a-t-il trouvé ça ? - Je lui en ai vendu. On ne vend pas de tranquillisant pour chevaux à un nain ! Ce film, je crois qu'il sera très bon. Aucun film classique n'a été tourné à Bruges. Évidemment, c'est une ville merdique. Bruges est ma ville natale. - Ça demeure une ville merdique. - C'est faux. Quoi ? Même les nains doivent se droguer pour y vivre. D'accord. Tu viens d'insulter ma ville natale. Tu te débrouilles très bien, Raymond. Si tu racontais des blagues belges ? Je n'en connais pas. Si j'en connaissais, j'aurais le bon sens de ne pas... Une minute. C'était en Belgique, tous ces meurtres et abus d'enfants ? Alors je connais une blague belge. La Belgique est reconnue pour quoi ? Le chocolat et la pédophilie. Et le chocolat n'a été inventé que pour attirer les enfants. Quoi ? Une des filles assassinées était mon amie. Je suis désolé, Chloé. Aucune des filles assassinées n'était mon amie. Je voulais juste que tu te sentes mal. Et ça a marché. Assez bien. Vraiment incroyable. Qu'est-ce qui est vraiment incroyable ? Vous me parlez ? Il pause, même s'il devrait juste frapper le con. Et il répète. Oui, je vous parle. Qu'est-ce qui est vraiment incroyable ? Je vais vous le dire, d'accord ? Envoyer de la fumée de cigarette sur moi et sur ma copine. C'est vraiment incroyable ! - C'est la section fumeurs. - Je m'en fous. D'accord ? Elle me l'a envoyée en pleine face. Je ne veux pas mourir juste à cause de votre arrogance. N'est-ce pas ce que les Vietnamiens disaient ? Les Vietnamiens ? Comment ça, les Vietnamiens ? Ce que vous dites n'a aucun sens. Au contraire. Les Vietnamiens ! Vous pouvez le répéter, mais ça n'aura pas plus de sens. Quel est le rapport entre les Vietnamiens et le fait que ma copine et moi devons respirer la fumée de cigarette de votre amie ? Dites-moi comment... C'est pour John Lennon, maudit con de Yankee ! Une bouteille ? Ne vous dérangez pas. On s'en va. Je ne frappe pas les femmes ! Je ne frapperais jamais une femme ! Sauf si elle m'attaque avec une bouteille ! C'est différent. C'est de l'autodéfense, non ? Ou si elle connaît le karaté. Je ne frapperais jamais une femme en général, Chloé. Ne pense pas ça. Mon Dieu, tu es jolie. - Je dois faire un appel. - Oh ! Non. Tu ne veux plus de moi, n'est-ce pas ? Juste parce que j'ai frappé cette vache. - Allô ? <i>- Où étiez-vous hier ?</i> On est sortis souper, Harry. On est sortis une demi-heure. <i>Oui ? Qu'avez-vous mangé ?</i> - Pour le souper ? <i>- Oui.</i> - De la pizza, chez Pizza Hut. <i>- C'était bien ?</i> Oui, pas mal. Je ne sais pas. C'était Pizza Hut. Pareil qu'en Angleterre. <i>C'est la mondialisation, n'est-ce pas ?</i> <i>Ray est avec toi ?</i> Il est aux toilettes. <i>- Peut-il entendre ?</i> - Non. <i>Que fait-il ?</i> - Comment ça ? <i>- Il fait pipi ou caca ?</i> Je ne sais pas, la porte est fermée. <i>N'aie pas l'air suspect, mais fais-le sortir</i> <i>une demi-heure pour une commission.</i> Ray ? Si tu allais au pub une demi-heure ? Oui, je sais que je te l'avais interdit, mais autant s'amuser, non ? Non, je ne sais pas où on peut jouer aux quilles. Tu verras. Oui, au revoir. - Oui. Il est parti. <i>- Que lui as-tu dit ?</i> J'ai dit : "Va boire un verre, tu voulais sortir." <i>- Qu'a-t-il dit ?</i> - Il a dit oui. Il cherchera peut-être un salon de quilles par ici. <i>- Il ne faisait que pipi ?</i> - Oui, je crois. Je suppose. <i>- Ça ne le dérangeait pas ?</i> - Il était content de sortir. <i>- Il est vraiment parti ?</i> - Oui, il a claqué la porte. <i>Ça ne veut pas dire qu'il est parti.</i> <i>Va voir derrière la porte.</i> Harry, il est vraiment parti. <i>Il n'y a pas de salon de quilles à Bruges.</i> Oui, Harry. Il voulait vérifier quand même. <i>Ils auront quoi,</i> <i>une allée de quilles médiévale ?</i> Comme je disais, il était content de sortir. <i>Est-ce qu'il passe du bon temps</i> <i>à voir les canaux et tout ?</i> <i>J'ai adoré cette ville.</i> <i>Les canaux, les vieux immeubles et tout ça.</i> Quand étais-tu ici ? <i>Quand j'avais sept ans.</i> <i>Les dernières belles vacances de ma vie.</i> <i>- Avez-vous voyagé sur un canal ?</i> - Oui. <i>Avez-vous marché</i> <i>dans les vieilles rues pavées ?</i> Oui. <i>- C'est féerique, non ?</i> - Oui. <i>- Avec les églises. C'est gothique.</i> - Oui. <i>- C'est gothique ?</i> - Oui. <i>Alors il passe du bon temps ?</i> Moi, je m'amuse bien. Je ne suis pas sûr que ce soit ce qu'il aime. <i>Quoi ?</i> Je ne suis pas sûr que ce soit son truc. <i>Comment ça, "pas son truc" ?</i> <i>Qu'est-ce que ça veut dire, "pas son truc" ?</i> <i>- Merde, qu'est-ce que ça veut dire ?</i> - Rien, Harry. <i>C'est une ville féerique, pas vrai ?</i> <i>Comment peut-on ne pas aimer</i> <i>une ville féerique ?</i> <i>Tous ces canaux, ces ponts,</i> <i>ces rues pavées, ces églises</i> <i>et toutes ces choses féeriques,</i> <i>comment peut-on ne pas aimer ça ?</i> Ce que je voulais dire... <i>- Le cygne est toujours là ?</i> - Oui... <i>Comment peut-on ne pas aimer les cygnes ?</i> <i>- Comment est-ce possible ?</i> - Je voulais dire qu'à son arrivée, il n'était pas sûr d'aimer ça. Il y a cette grosse voie carrossable double quand on sort du train. Ce n'était peut-être pas là quand tu y étais. Dès qu'il est vraiment entré dans la vieille ville et qu'il a vu les canaux, les ponts et les cygnes, il l'a adorée. Il n'en avait jamais assez, de la partie médiévale de la ville. C'était juste la voie carrossable double qui lui a déplu pendant un moment. <i>Une voie carrossable double...</i> <i>Ça doit être récent.</i> <i>- Ça n'a pas tout gâché ?</i> - Non, c'était juste au début. Et tu sais quoi ? Quand on marchait dans les rues, il y avait un genre de brouillard glacial au-dessus de tout, et ça ressemblait presque à un conte de fées. Sais-tu ce qu'il m'a dit ? <i>Qu'a-t-il dit ?</i> Il a dit : "Ken, je sais que je suis éveillé, mais j'ai l'impression de rêver." <i>- Oui ? Il a dit ça ?</i> - Oui. <i>- Un bon rêve ?</i> - Oui, bien sûr. <i>Oh ! Bien. Je suis content qu'il s'y plaise.</i> <i>On a réussi à lui donner quelque chose.</i> <i>Quelque chose de bien et de joyeux.</i> <i>Car il n'était pas un mauvais gars.</i> <i>Il n'était pas un mauvais gars.</i> <i>Écoute, note cette adresse : Raamstraat 17.</i> <i>C'est "Raam", comme "Ram",</i> <i>mais avec un deuxième "a".</i> - Raamstraat 17. <i>- Compris ?</i> Oui, Raamstraat 17. <i>Bien. Un homme y sera demain matin à 9 h.</i> <i>Il s'appelle Yuri.</i> - Yuri. <i>- Il te donnera le revolver.</i> <i>Appelle-moi du téléphone</i> <i>chez Jimmy Driscoll</i> <i>vers 15 h ou 16 h demain,</i> <i>une fois que ce sera fait.</i> Une fois que quoi sera fait ? <i>Es-tu idiot ?</i> - Non. <i>- Écoute, j'aime bien Ray.</i> <i>C'était un bon gars, mais quand on y pense,</i> <i>il a tué un enfant.</i> <i>C'est toi qui l'as fait entrer dans le gang.</i> <i>Alors si ça ne s'arrête pas à lui,</i> <i>où ça s'arrêtera ?</i> <i>Ken ?</i> <i>Si ça ne s'arrête pas à lui, où ça s'arrêtera ?</i> Ça s'arrête avec moi, Harry. Elle est facile. <i>Ne sois pas irrité, Ken.</i> <i>Je suis content d'avoir pu faire</i> <i>quelque chose pour lui avant sa mort.</i> - Tu as fait quoi pour lui ? <i>- Je lui ai permis de voir Bruges.</i> <i>J'aimerais revoir Bruges avant ma mort.</i> <i>Qu'a-t-il dit à propos...</i> <i>Ah oui ! "C'est comme un rêve."</i> "Je sais que je suis éveillé, mais j'ai l'impression de rêver." <i>Oui.</i> <i>Appelle-moi quand il sera mort.</i> - C'est ma copine, enculé. - Eirik, que fais-tu ? - D'où viens-tu, le con ? - D'Irlande. Je suis né là. Tu crois que tu peux venir en Belgique pour baiser la copine d'un autre gars ? Je ne savais pas qu'elle avait un copain. Je ne l'ai pas baisée. Demande-lui. Je l'ai juste touchée. Eirik, pose ton arme ! Mets-toi à genoux et ouvre la bouche. Ne sois pas idiot. Mets-toi à... Depuis quand les skinheads sont des tapettes ? Tu étais un skinhead, et tu es allé battre des Pakistanais de 12 ans. On dirait que tu as ce qu'il faut pour être une tapette ! - Ça ne t'aidera pas. - Ray, cette arme est chargée à blanc. Eirik, non ! - Qui est la tapette maintenant ? - Espèce de tapette ! Chloé, que se passe-t-il ici ? Je ne vois rien ! Je ne vois rien ! Bien sûr que non ! Je viens de tirer dans tes yeux ! - Ce type est ton copain ? - Non. Il l'était. - Que fait-il ici ? - On... On vole des touristes, parfois. Je savais que c'était trop beau pour être vrai ! Tu n'aurais jamais voulu me baiser. Non ! C'est faux, je... J'avais annulé ce soir. Je lui avais dit de ne pas venir ce soir. - Pourquoi es-tu venu ? - Chloé, je ne vois rien ! Arrête de gémir comme un gros bébé gai. Je n'ai pas baisé depuis des mois ! Je ne vois plus rien de cet œil-ci, Chloé ! Je dois aller à l'hôpital ! Je vais t'y conduire. - Super ! Toute la nuit est foutue ! - Non ! Tu peux rester si tu veux. J'ignore si ce sera long. Je savais qu'une fille comme toi n'aimerait pas mon genre. - Je le savais. - Comment ça, une fille comme moi ? Tu sais, une fille gentille. Appelle-moi. S'il te plaît. Chloé ! 38 SPÉCIAL - BALLES À BLANC 38 SPÉCIAL - BALLES - As-tu un problème ? - Non, aucun problème. Quatre bières en 20 minutes. Aucun problème. Va chier. Une bière et un vin rouge. Je reviens. Comment va le film ? C'est de la merde <i>eurotrash</i>. Dans le sens négatif ? Ta copine est très jolie. Ce n'est pas ma copine. C'est une prostituée que je viens de ramener. J'ignorais qu'il y avait des prostituées à Bruges. Il suffit de chercher aux bons endroits. Comme dans les bordels. Eh bien, tu as choisi une très belle prostituée. Merci. Tu viens des États-Unis ? Oui. - Mais ne le retiens pas contre moi. - J'essaierai. Essaie de ne pas être trop criard ou trop grossier. Hé ! Tu noies ta peine ? - Quelle peine ? - D'être un petit vieux triste et laid. - Une bière gaie, je vous prie. - Comment ça a été ? J'ai vécu deux moments d'extrême violence. Sa main sur ma queue et mon doigt en elle, et ça a été trop bref. N'est-ce pas toujours le cas ? J'ai aussi volé cinq grammes de sa cocaïne de grande qualité et j'ai aveuglé un petit skinhead gai. Donc dans l'ensemble, ma soirée ne s'est pas mal passée. Tu as cinq grammes de coke ? J'ai 4 g sur moi et 1 g en moi, c'est pourquoi mon cœur bat ainsi, au bord de l'infarctus. Si je m'effondre, dis aux médecins que c'est possiblement lié à la coke. Donne-nous un gramme, alors. N'avais-tu pas arrêté, car ça te déprimait ? Tu sais quoi ? En ce moment, je m'en fous. Pourquoi ne m'as-tu pas salué quand je t'ai salué aujourd'hui ? J'avais pris un tranquillisant très fort pour chevaux. Je n'ai salué personne de la main, sauf peut-être un cheval. Hein ? De quoi tu parles ? Je dis des conneries. Tu es américain ? Oui. Mais ne le retiens pas contre moi. C'est à moi d'en décider, pas vrai ? - Tu es américaine aussi ? - Non, je viens d'Amsterdam. Amsterdam. Amsterdam est bourrée de prostituées, n'est-ce pas ? Oui. C'est pourquoi je suis venue à Bruges. Je me suis dit que j'aurais un meilleur prix pour ma chatte ici. Vous êtes bizarres, tous les deux. Voulez-vous de la cocaïne ? J'ai aussi de l'acide et de l'ecstasy. Hervé Villechaize, je le sais, l'a fait. Le nabot de <i>The Time Bandits</i> l'a fait. Beaucoup de nains... de nabots, se tuent. Des tonnes. Y penserais-tu parfois ? Penserais-tu à te tuer, car tu es un nain ? - Merde ! Quelle question ! - On ne fait que jaser, non ? Ken, voilà le genre d'hôtel où Harry aurait dû nous envoyer. Un cinq étoiles, avec des prostituées. Parfois, je me dis que Harry se fout complètement de nous. Il n'a toujours pas appelé ? - Non. Pas encore. - Pas de nouvelle, bonne nouvelle, non ? Qui est-elle ? Il y aura une guerre. Je le prédis. Il y aura une guerre entre les Noirs et les Blancs. On n'aura même plus besoin d'uniforme. Dans cette guerre, on ne choisira pas son camp. Ce sera déjà décidé. Je sais dans quel camp je vais me battre : avec les Noirs. Les Blancs vont se faire planter ! On ne décide pas ces choses-là. Dans quel camp se battront les métis ? Avec les Noirs. C'est évident. Et les Pakistanais ? - Avec les Noirs. - Et... Pense à un difficile. - Et les Vietnamiens ? - Avec les Noirs ! Eh bien, je vais dans le camp des Noirs, s'ils ont les Vietnamiens ! Une minute. Tous les nains blancs se battraient - contre tous les nains noirs du monde ? - Oui. Ça ferait un bon film ! Tu n'as pas idée de tout ce que les nains noirs m'ont fait endurer. C'est... Irréfutable. Tu vois, Jimmy, ma femme était noire. Je l'aimais beaucoup. En 1976, elle a été assassinée par un Blanc. Où est ma place dans tout ce sang et ce carnage ? A-t-on attrapé le coupable ? - Un de mes amis l'a attrapé. - Harry Waters l'a attrapé. Alors dis-moi, Jim, avec qui je me bats dans cette merveilleuse guerre ? Je crois que tu dois évaluer tes possibilités et laisser ta conscience décider, Ken. Deux sales prostituées et un nabot raciste. - Je crois que je vais rentrer. - Oui. Je viens avec toi. - Que... - Recule, petit ! Tu ne connais pas le karaté. - Je t'avais prévenu. - Je t'avais prévenu. Ti-cul ! - Je dois rencontrer Yuri. - Oui, c'est moi. M. Waters a dit que ça pourrait être nécessaire. Il y a beaucoup d'alcôves au parc Koningin Astrid. Vous utilisez ce mot, "alcôves" ? "Alcôves" ? Oui, parfois. Ces alcôves sont peu fréquentées en cette saison de Noël. Si je devais tuer un homme, je le ferais là. Êtes-vous sûr que c'est le mot juste, "alcôves" ? "Alcôves", oui. Comme des "coins et recoins". "Des coins et recoins", oui. Ce serait plus exact. "Des coins et recoins" plutôt que des "alcôves". Oui. Vous allez le faire, n'est-ce pas ? M. Waters serait très déçu... Bien sûr que je vais le faire, merde. C'est mon métier. Votre ami se comportait plutôt bizarrement ce matin. Bizarrement ? Comment ça ? Il m'a demandé si je voulais avoir un garçon ou une fille. J'ai dit que je n'ai pas de préférence, du moment qu'il soit en santé. Puis il m'a donné 200 euros pour le bébé. J'ai refusé, bien sûr, mais il a insisté. Pourriez-vous les lui rendre quand vous le reverrez ? J'apprécie le geste, mais ça semblait être tout ce qu'il avait. - Savez-vous où il est maintenant ? - Il a dit qu'il allait au parc. Désolé, Ray. Je suis désolé. Ray, non ! Bon sang ! D'où sors-tu ? J'étais derrière le truc. Que diable fais-tu, Ray ? - Que diable fais-tu ? - Rien. Oh ! Mon Dieu ! - Tu allais me tuer. - Non. Tu allais te tuer ! - J'ai le droit. - Non ! Quoi ? Je n'en ai pas le droit, mais toi, oui ? C'est juste, ça ? Peut-on aller discuter de ça quelque part ? Je n'allais pas le faire, Ray. Tu avais l'air de quelqu'un qui allait le faire. - Où as-tu eu cette arme ? - Un ami de Harry. Merde. Fais voir. Avec un silencieux. Magnifique. La mienne est une maudite arme de fille. - Je la garde. - Pardon ? - Rends-moi mon arme. - Je ne te la rendrai pas. Tu es suicidaire. Et toi, tu essayais de me tirer dans la tête. Je ne te rendrai pas cette arme. Comme cette journée a été bonne ! Je suis suicidaire, mon ami a tenté de me tuer, je me fais prendre mon arme, et on est toujours à Bruges de merde. Écoute, je vais te donner de l'argent et te mettre dans un train. Je retourne en Angleterre ? Tu ne peux pas retourner en Angleterre. Tu serais un homme mort ! Je veux pas être un homme mort. As-tu manqué quelque chose ? Tu ne veux pas être un homme mort, Ray. J'ai tué un petit garçon ! Alors sauve le prochain petit garçon. Pars quelque part, quitte ce métier et essaie de faire quelque chose de bien. Tu n'aideras personne en étant mort. Tu ne ramèneras pas ce garçon à la vie. Mais tu peux sauver le prochain. Quoi, je deviendrai médecin ? Il faut faire des examens. Fais n'importe quoi, Ray. N'importe quoi. Cher Ken, je suis allé au parc pour qu'elle n'ait pas à nettoyer. Ray Quel con ! Il a dit que ce voyage à Bruges, c'était pour te donner un dernier souvenir heureux avant de mourir. À Bruges ? Aux Bahamas, peut-être. Mais pourquoi à Bruges ? Je suppose que c'est moins cher. Le reste de l'acide et l'ecstasy. Je peux ravoir mon arme ? Que vais-je faire, Ken ? - Que vais-je faire ? - Continue à avancer. Continue à avancer. Essaie de ne pas y penser. - Apprends une nouvelle langue, peut-être ? - Je parle à peine l'anglais. J'aime au moins ça en Europe : on n'a pas besoin d'apprendre leurs langues. Oublie la maison pour quelque temps. Prends du recul et attends six ou sept ans. Sept ans, ce n'est pas si long. C'est plus long que la vie de ce garçon. Mon premier contrat. Quel bon tueur à gages je fais. Certains ne sont pas faits pour ça, Ray. Et toi ? Quand retournes-tu en Angleterre ? Je partirai dans quelques heures. Harry ne sera pas fâché contre toi ? De m'avoir laissé partir ? Je m'occuperai de Harry. Dis-lui que je me serai probablement suicidé d'ici deux semaines. Tu ne le feras pas, n'est-ce pas, Ray ? Harry ? C'est Ken. Écoute ce bruit. Sais-tu ce que c'est ? Oui, je sais que tu sais que c'est un train. Sais-tu lequel ? C'est un train que Ray vient de prendre. Il est vivant, il va bien et il ignore où il va, tout comme moi. Si tu dois faire le pire, fais-le. Tu as l'adresse de l'hôtel. Je t'attendrai ici. Car j'aime Bruges maintenant. C'est féerique. Harry. Harry ! - Quoi ? - C'est un maudit objet inanimé. L'objet inanimé, c'est toi ! Soyez gentils avec votre maman et Imamoto, d'accord ? Car papa doit partir quelques jours. - Où vas-tu ? - Je dois aller à Bruges. - Bruges ? Où est-ce ? - C'est en Belgique. Pourquoi quiconque devrait aller en Belgique ? Car j'ai quelque chose à régler. - C'est lié à l'appel ? - C'est lié à Ken. C'est une question d'honneur. Ce ne sera pas dangereux, n'est-ce pas ? Bien sûr que ce sera dangereux, si c'est une question d'honneur ! Tu emmènes les hommes avec toi ? Dis-moi que tu les emmènes. Harry. Désolé de t'avoir traitée d'objet inanimé. J'étais fâché. - Vous êtes irlandais ? - Oui. Comment vous appelez-vous ? Derek Perlurrl. Vous avez frappé le Canadien. Vous avez frappé le Canadien. J'ignore de quoi vous parlez. C'est lui ! Voilà le fils de pute. Vous avez frappé le Canadien ? Le Canadien ? Merde. - On vous ramène à Bruges. - Génial. Salut, le pirate. Choisissez, M. Waters. Un Uzi ? Je ne viens pas du centre-sud de Los Angeles. Je ne suis pas venu pour tirer de mon véhicule sur 20 Noirs de 10 ans. Je veux une arme normale pour une personne normale. Je savais qu'il ne le tuerait pas. Je le voyais dans ses yeux quand je lui ai parlé des alcôves. - De quoi ? - Des alcôves. Des alcôves au parc Koningin Astrid. J'ai aussi des balles dum-dum. Vous utilisez ce mot, "dum-dum" ? Les balles qui font exploser la tête ? Des balles dum-dum, oui. Aimeriez-vous des balles dum-dum ? Je ne devrais pas, mais d'accord. Fils de pute. C'est à moi qu'il parle ? Non, Eirik est avec vous, M. Waters. Votre jeune ami lui a crevé l'œil hier soir. Ray ? J'essayais de le voler, et il m'a enlevé mon arme. L'arme était remplie de balles à blanc, et il m'a tiré dans l'œil. Et maintenant, je ne verrai plus jamais de cet œil, selon les médecins. Pour être franc, on dirait que c'était de votre faute. Quoi ? Si vous volez un type avec une arme chargée à blanc, que vous le laissez vous désarmer et que vous le laissez vous tirer dans l'œil, ce qui veut dire que l'autre personne doit être près de vous, alors oui, c'est de votre faute d'avoir été si tapette. Alors arrêtez de gémir et souriez, bon sang ! Eirik, à ta place, je ne répondrais pas. Vous ne vouliez pas le tuer ? Oui. Je veux le tuer, le crucifier. Mais ça ne change rien, il vous a arrangé comme un petit gai aveugle. Pas vrai ? Merci pour l'arme, Yuri. Alors ? Il est suicidaire, Harry. C'est un mort-vivant. Il parle de l'enfer et du purgatoire... Quand je t'ai appelé hier, t'ai-je demandé : "Ken, pourrais-tu devenir le psychiatre de Ray, s'il te plaît ?" Non. Je crois plutôt t'avoir demandé : "Pourrais-tu aller lui tirer dans la tête ?" "Il est suicidaire ?" Je suis suicidaire. Tu es suicidaire. Tout le monde est suicidaire ! On n'en fait pas toute une histoire ! S'est-il tué ? Non. Alors il n'est pas suicidaire, n'est-ce pas ? Il a pointé une arme sur sa tempe. Je l'ai arrêté. Il... Quoi ? Ça empire ! On était au parc... Laisse-moi récapituler. Vous étiez au parc ? Quel rapport ? Laisse-moi récapituler. Non seulement tu as refusé de le tuer, mais tu l'as même empêché de se tuer, ce qui aurait résolu mon problème, le tien, et aussi le sien, on dirait. Ça n'aurait pas résolu son problème. Ken, si j'avais tué un enfant, accidentellement ou pas, je n'aurais pas hésité. Je me serais tué sur-le-champ. Sur-le-champ. J'aurais mis mon arme dans ma bouche sur-le-champ ! C'est toi, Harry. Ce gars a la capacité de changer. Il peut faire quelque chose de bien de sa vie. Pardon, Ken. J'ai la capacité de changer. Oui, en effet. Tu as la capacité de devenir pire ! Oui, là j'y arrive ! Harry, regardons les choses en face. Je ne veux pas être drôle ni te manquer de respect, mais tu es un con. Tu es un con maintenant et tu l'as toujours été. La seule chose qui va changer, c'est que tu vas devenir un plus gros con, avec peut-être plus d'enfants cons. Ne mêle pas mes enfants à ça. Qu'ont-ils fait ? Retire ce que tu as dit sur mes enfants cons ! Je retire ce que j'ai dit sur tes enfants cons. Insulter mes enfants ! Ça dépasse les bornes, l'ami ! J'ai retiré mes paroles, non ? - Mais tu restes un con. - Oui, j'ai compris ça. Où est Ray maintenant ? En ce moment, Ray est dans une des millions de villes européennes qui existent, sauf ici. Je te rembourserai dès que j'aurai retrouvé mon ami. Ce n'est pas un problème, Raymond. Et je te rendrai tout ton acide et ton ecstasy. De l'humour anglais ! Je suppose que tu as ton arme sur toi. - Ce Yuri est un drôle de gars, pas vrai ? - Il fait du yoga. - "Les alcôves." - Il t'a parlé des alcôves ? "Les alcôves du parc Koningin Astrid." Harry, je sais que tu dois faire ce que tu dois faire. Il y a du monde ici, tu sais ? Je ne vais pas tirer au milieu d'un millier de maudits Belges ! Sans compter les gens en vacances, de toutes les autres nationalités. Venus voir les cygnes, le gothique, le conte de fées. - Tu essaies de me provoquer ? - Non, Harry. En plus de nous traiter, mes enfants et moi, de cons. Je pourrais être obligé de te tuer ici. Seigneur ! Montons sur le clocher. Ce sera calme là-haut à cette heure du soir. Montons là-haut. Oui. Des Canadiens. Je me sens mal. Ils n'ont pas tué John Lennon, n'est-ce pas ? Je dois me présenter au tribunal ici dans deux jours. - Vas-tu y aller ? - Je ne sais pas. Qu'est-ce qui me retiendrait ici ? La plus belle femme que tu aies vue de toute ta maudite vie. - Le clocher est fermé ce soir. - Non. C'est censé être ouvert jusqu'à 19 h. C'est habituellement ouvert jusqu'à 19 h. Hier, un Américain a eu un infarctus là-haut. Aujourd'hui, c'est fermé. Tiens, soupe au lait, voici 100 euros. Ça ne nous prendra que 20 minutes. Le clocher est fermé ce soir. Compris, l'Anglais ? Jimmy, j'attendais le moment de m'excuser de t'avoir donné un coup de karaté l'autre soir. C'était vraiment déplacé. Tu sais, Ray, ce serait plus facile pour moi de te croire et de te pardonner si vous n'étiez pas en train de rire de moi ! C'est pour le maudit film. C'est une belle ville, Harry. Je suis content de l'avoir vue. Je ne voulais pas me moquer au sujet du conte de fées. C'est une ville féerique. Vraiment. Dommage que c'est en Belgique. Mais si ce n'était pas en Belgique, si c'était dans un beau pays, il y aurait trop de touristes. Ça gâcherait tout. Je suis content de l'avoir vue avant de mourir. Que fais-tu ? - Qu'est-ce que tu fous ? - Je ne me bats plus, Harry. D'accord, alors je te fais sauter la cervelle. Ne fais pas ton Gandhi. Qu'est-ce que tu fous ? Ken, arrête de niaiser, s'il te plaît. Ramasse ton arme. Je vais te battre quand même, - car tu es maladroit, mais... - Harry, je te dois tout. Ce qu'on a traversé ensemble dans le passé, je t'aime sans réserve pour tout ça. Quoi ? Pour ton intégrité. Pour ton honneur. Je t'aime. Il fallait le laisser partir. Il fallait lui donner une chance. Et si pour le faire, je devais dire : "Merde à toi, à ce que je te dois "et à tout ce qui s'est passé entre nous", alors c'est ce que je devais faire. Mais je ne vais pas me battre contre toi. Et j'accepte complètement ce que tu dois faire. Je l'accepte. Complètement. Ah oui ? Oui. Maintenant que tu as dit tout ça, je ne peux pas te tuer, pas vrai ? Ça dépend de toi, Harry. C'est ta décision. Tout ce que je dis, c'est que je ne me bats pas. Oh ! Maudit con ! Je ne vais pas t'épargner juste parce que tu fais ton Robert Powell de merde. - Qui ? - Robert Powell de merde, qui joue <i>Jésus de Nazareth</i> de merde ! Ma jambe ! Le nabot psychopathe est en fait un charmant petit écolier, et c'est une sorte de cauchemar boschien. C'est nul ! Au moins, il n'y avait pas de Noirs impliqués, hein, Jimmy ? Je ne... Je ne parlais pas... Il y aura une guerre entre tous les Noirs et les Blancs. Entre les nains noirs et blancs, ce qui serait vraiment bien. C'est la cocaïne. Il ne voulait même pas les Vietnamiens dans son camp ! C'est la cocaïne. On va filmer près de l'immeuble pointu ce soir. Ça pourrait être bon pour une fois. Vous devriez venir. On... Je crois qu'on va juste passer une soirée tranquille, Jimmy. C'est comme ça ! Dans une autre vie. Ils sont super, non ? Non. Tu n'as pas fait ça ! M. Waters ? M. Waters ? - Qui est-ce ? - C'est Eirik. - L'aveugle ? - Oui. Oui. Que voulez-vous ? Le gars que vous cherchez, Ray, est en bas au bar. Je suis désolé, Ken. Mais on ne peut pas tuer un enfant et espérer s'en tirer. On ne peut pas. - Où ? - En sortant, à gauche. Le bar à gauche. Ken ! Ken ! Ken ! Harry est ici. Quoi ? Prends mon arme. Ken ? Où est mon arme ? Où est mon arme ? Je vais mourir maintenant, je crois. Oh ! Ken ! Seigneur ! - M. Blakely a dit que vous étiez parti. - La clé. Vite, maintenant ! Et rentrez chez vous. C'est très dangereux ici. - Rentrez ! Tout de suite ! - Bien. HÔTEL DE KEN MES DERNIÈRES VOLONTÉS ET MON TESTAMENT Non, je ne vous laisse pas monter ! Rangez votre arme tout de suite ! Dégagez, s'il vous plaît. Non. Je ne dégagerai pas. Il va falloir me tuer d'abord. Bien sûr, je ne vais pas vous tuer, car vous êtes enceinte ? Je suis un bon gars. Mais pouvez-vous dégager, s'il vous plaît ? Marie ! Laissez-le monter, ça va. Harry, promets de ne pas commencer à tirer avant qu'elle soit sortie. Je jure de ne pas commencer à tirer avant qu'elle soit sortie. Eh bien, je ne vais nulle part. C'est mon hôtel. Alors allez-vous-en ! - Je suppose que tu es armé ? - Oui. Alors que fait-on ? On ne peut pas rester ici toute la nuit. Si vous rangiez votre arme tous les deux et rentriez chez vous ? Ne soyez pas stupide. C'est la fusillade. - Harry, j'ai une idée. - Quoi ? Ma chambre donne sur le canal. Je vais retourner à ma chambre, sauter dans le canal et tenter de nager jusqu'à l'autre rive. - D'accord. - Si tu sors et tournes le coin, tu peux me tirer dessus de là et essayer de m'avoir. Ainsi, on laisse la dame et son bébé hors de tout ça. Promets-tu de sauter dans le canal ? Je ne veux pas courir dehors, revenir et te trouver caché dans l'armoire. C'est promis, Harry. Je ne veux pas risquer de tuer un autre enfant. Alors attends, je sors et je vais à droite ou à gauche ? Tu vas à droite, non ? On le voit de l'entrée ! C'est un grand canal, merde ! D'accord. Seigneur ! Je viens d'arriver ici, d'accord ? Bon. À "un, deux, trois, partez", d'accord ? D'accord. - Quoi ? Qui le dit ? - Oh ! Toi. Vous êtes fous. - On y va ? - Oui. - Prêt ? - Prêt. Un, deux, trois, partez ! Continuez ! Non. Tu es bien trop loin. - Le petit garçon. - C'est exact, Ray. Le petit garçon. Je vois. Non, Harry. Ce n'est pas... Il faut s'en tenir à ses principes. <i>Il y a un arbre de Noël à Londres</i> <i>avec plein de cadeaux à son pied</i> <i>qui ne seront jamais déballés.</i> <i>Je me suis dit :</i> <i>"Si je survis à tout ça, j'irai à cette maison</i> <i>"présenter mes excuses à la mère</i> <i>"et accepter la punition</i> <i>qu'elle choisira pour moi."</i> <i>La prison, la mort, peu importe.</i> <i>Car au moins, en prison ou mort,</i> <i>je ne serais pas à Bruges de merde.</i> <i>Mais ensuite, tout à coup, j'ai compris :</i> <i>"Merde, c'est peut-être ça, l'enfer.</i> <i>"Passer l'éternité à Bruges de merde !"</i> <i>Et j'espérais vraiment ne pas mourir.</i> <i>J'espérais vraiment ne pas mourir.</i>

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Duration: 1 minute and 2 seconds
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Genre: None
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Posted by: xzibit on Jun 6, 2016

04 In Bruges

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