Étienne Chouard : 10 raisons de sortir de l’Union Européenne 3/3
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Étienne CHOUARD
10 raisons de sortir de l'Union Européenne
Partie 3 (fin)
Point six : c'est les juges.
6 - Les exécutifs contrôlent la carrière des juges européens
Les juges, vous savez, dans l'organisation classique,
qui à mon avis pourrait encore être améliorée,
mais dans l'organisation classique de Montesquieu
les juges étaient le troisième pouvoir, et les trois pouvoirs, dans l'idée de Montesquieu,
c'était de les trianguler pour qu'ils se surveillent mutuellement,
de façon à ce que aucun n'abuse. Et donc il faudrait surtout pas que un acteur
contrôle à la fois l'exécutif, le législatif et le judiciaire.
Pour Montesquieu, et avec du bon sens, on comprend que ce serait terrifiant
pour les gouvernés. Parce qu'on serait dans une situation de monarchie, en fait,
avec quelqu'un qui a tous les pouvoirs.
Quand vous regardez notre Président de la République,
donc qui a donc le pouvoir exécutif, le pouvoir d'exécuter,
donc le contrôle de la police, de l'armée.
Qui a le contrôle du législatif puisque sa majorité présidentielle... c'est des larbins,
des larbins ! Ces gens-là, les parlementaires,
dans le régime de la cinquième, ces gens-là sont élus. Pour être élus,
il faut qu'ils soient candidats. Pour être candidats soutenus par un parti,
il faut qu'ils aient l'investiture du parti. Or, le président du parti qui donne les investitures
c'est le Président de la République. Donc c'est le même bonhomme
qui a dans ses mains l'exécutif, et qui en même temps décide de l'investiture
ou de la non-investiture à la candidature, donc le droit à candidater,
le droit à être candidat, donc à être réélu.
Donc c'est lui qui décide, c'est le président qui décide...
... de la survie politique des parlementaires, de la majorité des parlementaires.
Enfin un enfant comprend l'état de dépendance des parlementaires
par rapport au Président de la République. Pour ça, c'est une monarchie,
on est déjà dans la confusion des pouvoirs législatifs/exécutifs.
Parce que le Parlement est sous... au moins... on va dire sous influence,
mais c'est beaucoup plus grave que ça, il est sous influence
du Président de la République. Donc, en fait, la République
elle est déjà sous l'influence d'un parti et, beaucoup plus gravement, d'un homme :
du chef du parti. C'est totalement oligarchique,
mais c'est dans le génome de l'élection, hein. L'élection elle va être gagnée
que par des gens qui se groupent, donc par des partis, et les partis,
mécaniquement, sont dominés par leurs chefs.
1911, hein, c'est un vieux livre. Excellent...
... d'actualité... Il pose des problèmes qui restent d'une actualité brûlante.
Les humains ont besoin de chefs. Les humains ont...
... une adoration, un besoin d'adorer, un besoin de vénérer,
un besoin de suivre un chef. La plupart des gens sont pas des leaders.
Ils aiment choisir un chef et le suivre. C'est très intéressant ce que dit ce gars-là.
L'élection, à mon avis, dans son génome, elle porte la domination d'un chef,
du parti victorieux, et c'est ce qu'on voit dans la cinquième, hein, c'est complètement
ce qu'on voit dans la cinquième. Alors, je continue, je reviens à mes juges :
dans les organisations des pouvoirs équilibrés où les pouvoirs sont séparés,
il y a aussi les juges, donc qui sont le troisième pouvoir, et quand vous voyez
que notre Président de la République s'en prend aux juges frontalement,
quand le chef de l'exécutif en France parle de supprimer les juges d'instruction,
parle d'affaiblir les juges à tout propos, de les ruiner en fait,
de leur donner aucun crédit... Donc ils sont complètement débordés les juges.
Donc de les discréditer en disant : « Regardez, ça marche pas,
c'est en retard... » Tout ça relève d'une...
... d'une politique, une stratégie ; ils peuvent le nier, ils peuvent pousser des cris d'orfraie
en nous traitant de populistes parce qu'on... ou de complotistes, ou de conspirationistes,
que sais-je... quelle autre bêtise. Les faits, c'est que les pouvoirs publics en France
sont en train de ruiner la justice française, de la maltraiter,
de lui donner pas assez d'argent pour qu'elle puisse pas faire son boulot...
Et finalement, de la rendre, de rendre la justice incapable de nuire.
De nuire à qui ? De nuire à l'exécutif.
Parce que on pourrait imaginer une justice qui soit capable de faire du mal à l'exécutif,
de le surveiller, de le traquer, de le punir.
Mais là... Vous savez comment marche la cinquième,
vous savez que dans la Cinquième République, il y a un procureur,
le procureur de la République qui est un subordonné du chef de l'État,
et un subordonné du ministre de la Justice, donc du Président de la République.
Donc il est aux ordres : c'est pas un juge.
Le procureur de la République c'est pas un juge. C'est un fonctionnaire.
Et ce gars-là peut décider de l'opportunité des poursuites
ou de la non-opportunité des poursuites. C'est dingue ! Ce gars-là peut dire :
« Non, ça c'est pas la peine. » Et vous savez quand est-ce que sont appliqués
les non-lieux ? Donc les cas dans lesquels un procureur dit :
« Il n'y a pas opportunité de poursuites. Non, c'est pas la peine. »
Bah, c'est pratiquement tout le temps des politiciens ou des industriels, des notables.
Quand des notables vont être punis : non-lieu. Ça sert à ça.
C'est profondément injuste, c'est profondément injuste ! C'est monarchique.
C'est Ancien Régime.
Bon, en tout cas... le troisième pouvoir que pourrait constituer la justice en France
est quand même... Bon, il y a des juges valeureux qui résistent. Il y a des Portelli,
il y a des gens formidables qui résistent, hein ? Dans la justice, il y a des pointures,
hein, et quand ils sont pas contents, ils s'expriment très, très bien, ils savent le dire.
Heureusement, bon, c'est pas fini, la bagarre est pas finie.
Mais bon, c'est... Il y a un vrai danger de tyrannie, hein,
avec l'affaiblissement de la justice. Il faudrait qu'on ait une justice indépendante.
Elle l'est pas en France et c'est ce qu'on nous renvoie dans les dents
quand on proteste contre la dépendance - je dis bien la dépendance,
pas l'indépendance - la dépendance des juges européens envers les exécutifs
qui les nomment. Parce que c'est ça qui est incroyable !
Alors quand on proteste contre ça on nous dit : « C'est pareil en France. »
Bah oui, mais un excès en justifie pas un autre.
C'est pas parce que c'est épouvantable en France qu'il faut qu'on l'institutionnalise
au plus haut niveau du droit et que ça changera plus jamais en Union européenne ;
l'argument est spécieux. Alors, comment ça marche dans les institutions européennes ?
Eh bien les juges européens sont nommés pour six ans, ce qui est court, renouvelable.
Renouvelable ça veut dire non renouvelable.
Ça veut dire que les juges européens dépendent pour leur carrière
des exécutifs qu'ils vont avoir à juger. Nulle part ça marche comme ça.
Ça c'est une justice qui n'en est pas une. Si les juges dépendent,
ils vont pas être sévères. Ils vont pas être sévères envers les exécutifs
pour qui ils dépendent de leur carrière. Alors on me répond...
On me répond que comme ils sont plusieurs, c'est pas si facile de les...
... d'avoir des juges dociles. Des conneries. C'est pas sérieux.
Si vous désignez des juges européistes, des juges eurolâtres,
si vous désignez des juges qui sont mondialistes, des juges qui sont libéraux,
des juges qui sont... Eh bien vous n'aurez même pas besoin de leur donner
la moindre consigne, effectivement. Ils seront libres. Ils seront libres
mais ils vont développer une idéologie qui est contraire à l'intérêt général.
Et sans avoir besoin de les corrompre, de leur dire quoi faire.
Mais parce que vous les avez nommés et parce qu'ils dépendent, pour leur carrière,
de ceux qui les ont nommés. Donc c'est extrêmement dangereux ce qui se passe
au niveau des juges. D'ailleurs, les juges européens participent activement
au rouleau compresseur ultralibéral de la Constitution européenne.
Ils participent... Ils en rajoutent, ils en rajoutent aux traités,
dans leur interprétation... L'initiative, c'est un pouvoir essentiel en démocratie :
totalement confisquée au peuple : le peuple européen, les peuples européens
n'ont aucune initiative en aucune manière.
7 - Les citoyens n'ont aucun moyen de résister
C'est simple : absolument aucune. Ni initiative pour désigner des candidats,
ni initiative pour révoquer des candidats s'ils sont pas contents,
ni initiative pour proposer des lois, ni initiative pour abroger des lois, révoquer des acteurs,
rien, aucune initiative. Il y a juste une bouffonnerie, une pantalonnade
qui est le droit de pétition qui n'a aucune force contraignante.
Il faut qu'on soit des millions à vouloir demander pardon à la Commission,
demander la permission à la Commission de si elle veut bien transmettre au Parlement
un projet pour que le Parlement en discute... Bullshit ! On se fout de nous.
Ce truc n'a aucune valeur. Ça ne vaut rien, c'est du foutage de gueule ;
foutage de gueule intégrale ! De la même manière qu'en France
on nous a servi la même chose. Vous savez qu'on nous a...
Ils ont changé la Constitution puisqu'ils l'écrivent eux-mêmes. C'est extravagant !
Mais donc ils écrivent eux-mêmes la Constitution et ils ont...
Nos parlementaires français ont institué ce qu'ils appellent
le « référendum d'initiative populaire. » Ils appellent ça, ils osent appeler ça
« référendum d'initiative populaire » alors que vous savez que l'initiative
de ce référendum d'initiative populaire appartient... aux députés !
Je vous jure que c'est vrai. Le référendum d'initiative populaire, il s'appelle comme ça,
dans la Constitution française est d'initiative... parlementaire.
Alors d'initiative parlementaire, ensuite appuyée par 10 % du corps électoral
qui viennent soutenir le parti qui a... Et ils appellent ça d'initiative populaire, citoyenne.
C'est du foutage de gueule. En plus, ce référendum d'initiative populaire
soi-disant, qu'il y a dans la Constitution française, n'oblige nullement
à un référendum. Si le Parlement ne s'en saisit pas il y aura un référendum,
il suffit que le Parlement s'en saisisse pour le mettre à la poubelle.
Y a pas d'obligation de faire un référendum. Donc c'est vraiment du foutage de gueule.
C'est à vomir et puis il y a pas un journaliste pour le relever, hein ?
Là je parle plus d'institutions européennes, hein, je parle... Mais c'est pareil
pour les institutions européennes parce que c'est du même foutage de gueule.
C'est la même escroquerie absolue. Mais ce qui est incroyable
c'est la complicité des journalistes parce que... Ces gens-là qui devraient...
... les journalistes qui devraient être « les sentinelles du peuple ». C'est comme ça
qu'on les appelait pendant la révolution, des gens qui devraient nous alerter, des gens
qui devraient être des whistleblowers, des siffleurs... souffleurs de sifflet, là, dans...
... C'est comme ça que les appellent les Américains... des donneurs d'alerte.
Ces gens-là sont des chiens de garde, des chiens de garde de l'Empire, du système.
Les journalistes... Qui nous parle... de l'arnaque absolue
du référendum d'initiative populaire ? Quand Poujadas, Pujadas,
je ne sais plus comment il s'appelle, parle... Il parle du référendum d'initiative populaire
avec une espèce de... comme de fierté d'avoir un État démocratique...
C'est ridicule ! Il devrait... Son rôle à lui ça devrait être de protester, tempêter,
et nous appeler, nous alerter ! Faire venir des résistants pour exprimer
les inquiétudes des gens, ou la colère des gens devant cette imposture,
cette escroquerie. Pas du tout. Ces gens-là sont misérables, hein !?
C'est pas des journalistes du tout, c'est... Ils prennent la place de journalistes,
ils sont à la place de journalistes, ils sont à la place que devraient occuper les journalistes,
mais ils ne sont pas journalistes, ce sont eux aussi des prostitués,
comme les économistes. Les bons journalistes ils sont indépendants.
D'ailleurs sur Internet, il y a énormément de lutteurs absolument autonomes,
bénévoles, qui passent leur vie à comprendre comment on se fait avoir
et qui nous alertent ; et c'est eux les journalistes ! Et puis dès qu'ils sont payés...
Bah, c'est pas instantané mais pratiquement.
Dans les institutions européennes, le pouvoir législatif est détenu par des non élus.
8 - Le pouvoir législatif est contrôlé par des organes non élus
Et nos élus n'ont pas de pouvoir, et ceux qui ont du pouvoir ce sont des non élus.
Il y a des tas d'organismes dans les institutions européennes qui produisent
des normes obligatoires. La Banque centrale, par exemple, produit
des normes obligatoires en totale indépendance, aucun contre-pouvoir.
Production de normes obligatoires. Les conseils,
la Conférence intergouvernementale. Enfin, il y a plusieurs organes,
et puis bien sûr le Conseil des ministres, qui produisent des normes...
Exactement comme des lois, c'est des lois. Vraiment, c'est de l'escroquerie de dire
que c'est pas des lois ; et sans parlement.
L'avant-dernier point est celui de la résistance aux abus de pouvoir.
9 - Les citoyens sont tenus à l'écart du processus constituant
Il me semble que les citoyens devraient savoir que une Constitution...
À quoi ça sert ? Il faudrait savoir qu'une Constitution
c'est pas un moyen d'organiser les pouvoirs. Les pouvoirs ont pas besoin de nous
pour s'organiser. La Constitution c'est un moyen d'affaiblir les pouvoirs.
Les pouvoirs sont dangereux. Les humains le savent depuis des milliers d'années.
Il est question de chercher comment protéger le plus grand nombre des humains
contre les abus de pouvoir. Voilà à quoi sert une Constitution.
Une Constitution c'est comme un contrat, mais attention pas un contrat
qui serait passé entre le gouvernant, le gouvernement, les gouvernants
et les gouvernés parce que ça supposerait que les gouvernants
préexistent à la Constitution. Ce qui est pas le cas. La Constitution c'est un contrat
passé entre les gouvernés et les gouvernés. Pour établir ensuite des gouvernants,
mais sous contrôle. Il est donc essentiel que, et c'est mon dernier point,
que la... que ceux qui écrivent la Constitution soient désintéressés,
ne soient pas ceux qui vont être affaiblis par la Constitution, sinon ils vont tricher.
Si vous laissez les parlementaires écrire la Constitution,
ils vont pas prévoir de vrais contrôles, ils vont pas prévoir de vrais sanctions,
ils vont prévoir des contrôles factices.
Donc, l'avant dernier point qu'il faut souligner sur les institutions européennes,
c'est qu'elles ne prévoient aucun moyen de résister.
Cherchez ; moi j'ai passé des milliers d'heures là-dessus.
Cherchez dans les institutions un moyen pour nous simples citoyens...
Comme le feraient les Suisses, puisque les Suisses...
Vous savez qu'un citoyen suisse peut se lever en appelant les autres
à voter un référendum pour abroger une loi, pour imposer une loi, pour...
... même changer la Constitution.
Ils ont gardé l'initiative les Suisses. Est-ce qu'il y a l'embryon de ça
dans les institutions européennes ? Rien ! Il y a rien ! Voilà.
Dans les institutions européennes, il n'y a aucun moyen de résister
aux abus de pouvoir.
Repassez-vous cette phrase, s'il vous plaît, dans la tête
parce que c'est extrêmement important. Dans les institutions européennes,
vous n'avez plus aucun moyen de résister aux abus de pouvoir.
C'est dramatique. Tant qu'il y a pas d'abus de pouvoir, on s'en aperçoit pas.
Et puis quand les abus de pouvoir commencent, quand ils commencent
à vous détruire la retraite, quand ils commencent à détruire la Sécu,
quand ils commencent à détruire tous les services publics, de santé, de transport,
d'énergie, les uns après les autres... c'est trop tard.
Je vous dis : il y a pas de moyens de résister. On est dans un piège politique,
les institutions européennes sont un piège politique voulu par... Ah, oui, tiens !
On pourrait se rappeler de ça. Voulu par qui ? Ah ouais,
voulu par des multinationales ; tiens, ouais, ouais... Et les multinationales,
est-ce qu'il faut confondre leur intérêt avec l'intérêt général ? Peut-être pas.
Peut-être que c'est pas tout à fait le même.
Et alors, voulu par donc les institutions européennes qui nous privent
de tout moyen de résister. Ah ouais, tiens, ça me rappelle quelque chose ça.
Quand Hitler et Mussolini supprimaient les syndicats,
supprimaient les moyens pour « les gueux » de résister un peu
à l'oppression des riches. Ah ouais, c'était...
Qui est-ce qui finançait Hitler et Mussolini ? Ah bah, c'étaient aussi des cartels,
des multinationales, des banques. Ah ouais ; ah ouais.
Ça a un air de famille quand même, hein ? C'est plus malin. C'est plus malin ;
c'est moins voyant. C'est moins brutal. C'est brutal quand même.
Je ne vois pas d'arguments pour rester dans les institutions européennes.
Dans le débat qu'il y avait en 2005 pour le « oui » ou pour le « non », là,
les tenants du « oui » n'avaient que des belles promesses vides ; vides d'arguments,
vides de preuves ; en nous disant : « L'Europe, c'est la paix. » Mais c'est pas vrai !
L'Europe, ça a pas empêché qu'on aille bombarder les Serbes !
Les Serbes, nos alliés de toujours ! Un pays...
Aller bombarder les populations civiles !
En Europe ! La paix ? La paix, la paix, la paix, la paix !
Vous êtes sûrs que ça va garantir la paix ? Alors que ça... L'Europe organise,
institutionnalise la guerre économique. Mais attends, la guerre économique
c'est une vraie guerre, une guerre épouvantable qui fait des malheureux
partout, partout, partout ! Bon, c'est pas des bombes au phosphore.
Mais c'est des millions, des millions, des millions de personnes au chômage !
Dans la misère noire ! Le dernier point... qui ouvre sur une solution, en fait, hein.
Le dernier point c'est la... J'ai pas parlé de la révision :
l'impossibilité de réviser les textes. C'est l'un des points... J'ai dû passer dessus sans...
Oui, voilà c'est l'avant dernier point. C'est celui-là, c'est les révisions.
Il faut comprendre, je serai rapide là-dessus, que les...
... les institutions européennes ne peuvent être modifiées qu'à une triple unanimité.
À vingt-sept c'est insurmontable ; voilà, ça n'arrivera pas.
Ça n'arrivera pas... Ouais, je pense que ça n'arrivera pas.
Et sans référendum. C'est-à-dire qu'en fait en signant pour des institutions,
même par référendum en imaginant qu'on ait dit « oui », en signant par référendum
des institutions dans lesquelles on peut les changer ensuite sans référendum,
on fait exactement un chèque en blanc. C'est-à-dire qu'on dit : « OK, allez-y,
maintenant vous faites ce que vous voulez, vous pouvez les changer, maintenant
on a voté ce que vous nous avez donné à signer, et puis ensuite
vous allez pouvoir changer ce que vous voulez sans référendum,
c'est-à-dire que c'est exactement un chèque en blanc. Un chèque en blanc
à des crapules. Donc on est... C'est complètement fou.
Et puis même quand on dit « non », ils le font quand même !
On est dans les mains de crapules. La source de tout ça elle est...
C'est la même cause que dans nos institutions. C'est le processus constituant.
10 - Les tenants du pouvoir s'écrivent les règles pour eux-mêmes
C'est-à-dire c'est l'origine. Moi, je remonte à la racine. Je cherche la cause des causes.
Et la cause des causes sur le traité de l'Union européenne,
c'est qui a écrit ces maudites règles ? Qui a écrit ces maudites règles ?
À chaque fois, dans les institutions françaises
comme dans les institutions européennes, ceux qui écrivent les règles...
... auraient pas dû les écrire. C'est pas à eux d'écrire les règles.
C'est pas aux hommes de partis. C'est pas aux hommes au pouvoir.
C'est pas à ceux qui aspirent au pouvoir. Donc c'est même pas
aux hommes de partis. Et même des petits partis. C'est pas aux hommes de partis
d'écrire les règles du pouvoir, d'écrire la Constitution.
Ces gens-là sont juges et parties, ils écrivent des règles pour eux-mêmes.
Quand vous êtes dans un parti, vous n'êtes pas encore élu,
mais vous vous projetez dans l'avenir. Un humain ça se projette dans l'avenir.
Il sait qu'un jour il sera élu, et donc quand il écrit des articles de Constitution,
il va pas écrire ce qui va vous protéger, il va pas faire ça, il le fera jamais.
Je lui en veux même pas. C'est humain. Pourquoi est-ce qu'il irait écrire
le respect du vote blanc, qui permet de le foutre dehors quand on n'est pas content,
quand on veut plus de lui ? Pourquoi il irait écrire le référendum d'initiative citoyenne
qui permet de le révoquer quand on n'est pas contents, qui permet de contredire
ses lois quand on les trouve mauvaises ; ou qui nous permet de lui imposer des lois
quand nous on les trouve bonnes et lui les trouve mauvaises.
Pourquoi il va prévoir ça ? Il prévoira jamais le référendum d'initiative citoyenne.
Ça va contre son intérêt personnel.
Mais qu'est-ce qui compte ? Son intérêt personnel ou l'intérêt général ?
C'est pas à lui d'écrire la Constitution. Jamais un parlementaire n'ira écrire
les mandats courts et non renouvelables, la rotation des charges.
Jamais un parlementaire n'ira prévoir dans la Constitution qu'il y ait une chambre
tirée au sort pour qu'elle nous ressemble. Une chambre d'un millier de personnes
dont le mandat serait très court, tout le temps renouvelable et qui,
parce qu'elle est nombreuse et tirée au sort nous ressemblerait. Il y aurait des pauvres,
il y aurait des pauvres, des riches, à proportion à peu près égale
à ce qu'il y a dans la population. Il y aurait des Blancs, des Noirs, des femmes ;
il y aurait des femmes, plein de femmes, hein, il y en aurait... Au tirage au sort,
il y en aurait la moitié, hein. Il y aurait des gens qui nous ressemblent, hein,
il y aurait des tas de salariés, d'employés, comme la majorité des gens.
Dans une assemblée tirée au sort, mais le parlementaire jamais il prévoira
qu'il y ait au moins une des chambres tirée au sort. Et il faudrait qu'il y ait les deux,
une chambre élue, une chambre tirée au sort. Il faudrait qu'il y ait les deux
pour qu'une loi passe. Jamais un parlementaire fera ça.
C'est pas à lui d'écrire la Constitution. Si c'est lui qui écrit la Constitution
- un parlementaire ou un ministre ou un juge, ou un homme de parti,
tout ça c'est pareil -, si c'est eux qui écrivent la Constitution...
Ils ont un intérêt personnel contraire à la démocratie. Tout ce qui est démocratique
va contre leur intérêt personnel. Donc ils ne l'écriront jamais. Jamais, moi je vous dis,
je me trompe peut-être... Mais c'est logique, hein ?
Jamais une Assemblée constituante élue parmi les candidats imposés par les partis,
jamais une telle assemblée n'écrira une démocratie.
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